Partager

En prélude aux élections législatives de juillet 2007, la situation politique du Mali se caractérise par la guerre, l’incertitude, la division et le manque de courage politique. Ce faisant, à 24 heures seulement de la date limite du dépôt des listes de candidatures à la députation, la plupart des partis politiques n’ont pas jusque-là déposé leurs listes. Par contre, ils continuent d’étaler au grand jour leurs querelles internes, relatives au maintien des noms sur les différentes listes de candidature. C’est surtout le cas d’IBK en Commune IV. Une candidature qui a accouché dans la douleur eut égard à l’opposition de certains caciques de la section RPM de ladite commune, notamment le maire Issa Guindo.

En effet, pour faire face aux élections législatives, les différentes formations politiques nouent d’abord des contacts internes (Assemblée générale, conférence de section…) afin de désigner, le ou les militants qui défendront la couleur du parti. Cet exercice auquel se livrent les partis politiques, n’est pas sans conséquences. Il se solde le plus souvent par une guerre sans merci au sein du parti, où chacun cherche à se faire maintenir sur les listes de candidatures. Et on constate très aisément, que les tractations de tous ces militants, se résument aux intérêts particuliers au grand dam de l’intérêt général pour lequel, pourtant les politiques soutiennent se battre. Et les législatives de juillet 2007 ne font pas exception à la règle.


La guerre et l’incertitude au sein des partis politiques

D’abord en Commune VI du District de Bamako, le CNID-FYT est au bord de l’implosion. Pour cause : après son éjection inattendue du rang des candidats du CNID-FYT aux élections législatives de juillet prochain, le jeune député, Me Demba Traoré, non moins président de la commission loi à l’Assemblée nationale, est loin de se conduire en victime résignée.

En effet, il a engagé un bras de fer avec Me Mountaga Tall, le ténor de son parti. Me Demba va jusqu’à faire cette mise en garde : “J’attends jusqu’au mercredi 16 mai, dernier délai pour le dépôt des candidatures. Si la position de Me Tall ne change pas d’ici là, je me verrai dans l’obligation d’aller avec une autre liste ou en candidat indépendant. Et Dieu seul sait combien je suis envahi par des demandeurs d’alliance”.

La section ADEMA-PASJ du cercle de Kati, l’une des plus grandes circonscriptions électorales du Mali, avec 7 députés, vit également des difficultés internes. L’ADEMA-PASJ et l’URD ont décidé d’aller aux législatives de 2007, sur une liste commune. Et la seule ville de Kati veut coûte que coûte avoir 3 candidats sur les 4 octroyés au parti de l’Abeille.

Si la guerre de positionnement fait rage dans certaines communes à tel enseigne que des partis politiques se trouvent au bord de l’implosion, quant à la Commune IV, s’est surtout la candidature du président du RPM, Ibrahim Boubacar Kéïta, non moins président du FDR, président de l’Assemblée Nationale, qui suscite beaucoup d’interrogations, et d’incertitude. Pourtant, Ladji Bourama et camarades posent 4 conditions pour participer aux législatives de juillet 2007.

IBK veut redevenir député

Faut-il le noter, le président du RPM, Ibrahim Boubacar Kéïta et le secrétaire général de la section IV RPM, Abdramane Sylla, ont été retenus le dimanche dernier par la conférence de section de la Commune IV du District de Bamako, pour être les candidats aux élections législatives du mois de juillet prochain. Cette investiture a eu lieu suite à un débat houleux. Puisque les partisans et les opposants à la candidature du duo ont failli, dit-on en venir aux mains.

Dans les coulisses, on apprend que le maire Issa Guindo et un de ses adjoints étaient intéressés par la députation. Ce qui veut dire que la décision de reconduire IBK qui sera secondé par le secrétaire général de la section a l’allure d’un complot contre eux.

D’ailleurs, avant la présidentielle les rpmistes faisaient savoir que leur président n’est plus intéressé par Bagadadji ( siège de l’Assemblée nationale) mais Koulouba( où se trouve le palais présidentiel). Mais à défaut de Koulouba, IBK veut revenir au parlement pour sauver son année électorale et probablement rester au devant de la scène pour toujours. Aussi, ne dit-on pas : “à défaut de sa maman on tète sa grand mère”.

Cependant, la spécificité de la candidature d’IBK, est sans nul doute, son statut et son palmarès sur la scène politique nationale. Ainsi, on est en droit de dire que le président du RPM se trouve, sans nul doute aujourd’hui, dans la tourmente et dans une incertitude totale. Après sa défaite à l’élection présidentielle du 29 avril dernier, et en s’opposant farouchement au président ATT, IBK garde t-il ses chances de se faire réélire à l’AN et conserver son titre de président de cette institution?

C’est la question que se posent beaucoup d’observateurs de la scène politique, surtout, quand on sait que l’homme, durant les 5 ans de la mandature qui s’achève, s’est fait beaucoup d’ennemis à l’hémicycle, à cause de sa manière de gérer le pouvoir. Ainsi, certains députés accusent IBK de “perturbateur”. Selon eux, le Mandé Mansa a fait de l’AN, un champ de bataille.

A chaque rentrée parlementaire et à chaque renouvellement du bureau, l’homme s’agitait pour manquer de respect au président ATT et aux autres députés. C’est ce manque de respect envers ses semblables, qui s’est soldée par une série de rupture entre Ladji Bourama et les députés RPM qui partageaient l’avis du président ATT.

Est-ce peut-être le début de la fin du règne d’IBK sur la scène politique?

Moussa TOURE

15 mai 2007.