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Le 1er tour des élections législatives qui s’est déroulé le dimanche dernier a mobilisé très peu d’élec­teurs. Le président de la République, celui de l’Assem­blée Nationale, les candidats, des acteurs politiques et les autorités en charge de l’organisation de ces élections ont tous déploré la faible participation aux élections législatives qui ont mobilisé beaucoup moins d’électeurs que lors des élections précé­dentes. A ce rythme, certains candidats qui trébuchent cette année ne sont-ils pas menacés de mort politique ?

En tout cas, la question du faible taux de participation est encore d’actualité. Tout le monde s’interroge sur le problème, ses motivations. Mais, la réalité est que les Maliens ont un lien très faible avec la chose politique et cela n’est pas fortuit.

DES PROMESSES FALLACIEUSES DES CANDIDATS

En effet, les acteurs politiques inspirent de moins en moins confiance à cause des promesses fallacieuses de certains candidats aux différentes élections, du désintérêt des préoccupations des populations chez d’autres. A cela, il faut ajouter le fait que les acteurs politiques eux-mêmes affichent pour la plupart un air pessimiste par rapport à leurs ambitions.

Ils font généralement peu de propositions, prennent peu d’initiatives à l’endroit des populations, des électeurs. Aussi, les contacts avec la base ne se nouent généralement qu’à la veille des élections. Si bien qu’après les élections, les militants de nombre de partis ont du mal à avoir des contacts avec les responsables. D’où des découragements, des mutations fréquentes des militants d’un parti à un autre.

Dans ces conditions peu de partis ont une idée réelle de leur force.

LE PROFOND MALAISE DES ACTEURS ET PARTIS POLITIQUE

En plus de tout cela, de plus en plus la corruption politique prend de l’ampleur. Ainsi, celui qui n’a pas suffisamment de ressources financières ou s’abstient de sortir l’argent pour la cause des élections difficilement parvient à atteindre ses objectifs. Dans un tel contexte, les gens sont de moins en moins convaincus.

Alors, il y a une crise profonde qui s’est emparée de la classe politique, des acteurs politiques. Il s’agit ni plus ni moins que du scepticisme. Ce malaise profond est en train de ronger plusieurs formations politiques, des acteurs politiques.

ACTEURS POLITIQUES VERSUS CANDIDATS INDEPENDANTS

Tant qu’il en sera ainsi, difficilement on parviendra à relever le taux de participation aux élections. C’est cette situation qui devrait plus préoccuper la classe politique. Mais helàs, puisque certains espèrent y tirer plutôt profit. Ça c’est du leurre. Espérons que les élections législatives de 2007 seront une opportunité pour les acteurs politiques de tirer les enseignements utiles pour les élections qui suivront.

Au cas contraire, l’on ne devrait pas être surpris que les indépendants continuent à ravir la vedette aux acteurs politiques qui ont vocation à conquérir le pouvoir, étant donné qu’ils ont créé des partis à cet effet.

La situation est révoltante quand on sait que parmi les candidats aux élections législatives, il y en a qui ont mis l’argent en jeu.

UN RECUL DEMOCRATIQUE

Normalement avec cette donnée, il devait y avoir plus d’engouement. Aussi, ce qui est une alerte, c’est le fait que, dans le District de Bamako tous passent par un second tour. Comparativement aux précédentes élections législatives, on note un recul.

Ainsi, les partis qui espèrent mieux se positionner pour conquérir ou reconquérir le pouvoir en 2012 n’auront pas la tâche facile. De toutes les façons, tout sera question des alliances qu’ils noueront en cette circonstance, puisque les expériences des élections générales de 2007 confirment qu’un seul parti ne peut gagner les élections présidentielles.

RETRAITE OU MORT POLITIQUE POUR CERTAINS?

D’ici là, les acteurs politiques, considérés jadis comme très populaires sont en perte de vitesse un peu partout. Cela n’est pas un bon signe, puisqu’il pourrait signifier que nous assisterons à l’émergence d’une nouvelle génération d’hommes politiques.

Ainsi, peut-on affirmer que la retraite politique s’annonce pour plusieurs acteurs politiques qui ont fait la pluie et le beau temps. En tout cas, en toute chose, il faut savoir quitter à temps, au risque de se faire ridiculiser.

On craint que ce ne soit le cas de certains leaders de partis politiques qui s’accrochent toujours désespéremment à la politique.

Et d’ailleurs, tous sont en ballottage. Ainsi, au finish du deuxième tour, la désillusion attend sans doute certains d’entre eux.

Moussa SOW

06 juillet 2007.