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Les deux dernières décennies ont été, sur le plan politique, très pénibles pour le continent africain. Les différentes crises qu’a connues le continent n’ont fait que freiner sa marche vers le développement. Après la Côte d’Ivoire, c’est au tour du Mali, connu jusqu’alors comme modèle de démocratie en Afrique, de connaître une crise sans précédent depuis son indépendance. En quelques jours, le pays a sombré dans l’incertitude des états de non droit.

Pays enclavé avec des difficultés propres aux pays sahéliens, le Mali, par cette crise, connait une récession sans pareil. Selon les estimations faites par les autorités, l’économie malienne qui devait connaitre une croissance de 5.4% cette année aura probablement une croissance négative (-1.2%) suite aux conséquences du coup d’état.

Les efforts visant à accroitre la production de coton jusqu’à 260 000 tonnes, à relancer/redynamiser les industries minières et à offrir un cadre d’affaires serein pour les investissements sont à présent réduits à néant.

Les conditions de vie des Maliens se sont gravement détériorées au fil des jours qui ont suivi le putsch. Les pertes d’emplois subséquentes aux fermetures d’entreprises, l’assèchement des revenus fiscaux, la détérioration des échanges extérieurs et la réduction de la production agricole qui entrainent un renchérissement du prix des denrées de base, ainsi que les difficultés d’approvisionnement n’ont fait que rendre plus difficile la vie de chaque citoyen malien.

Les fonds gelés par l’UEMOA, la BAD et la BOAD ajoutés à la suspension de financement de certains projets de développement représentent plus de la moitié du budget national. Ce qui constitue un goulot d’étranglement majeur au redressement de la situation. De plus, le secteur tertiaire, poumon de l’économie malienne, se retrouve très affecté par cette crise. L’hôtellerie, la restauration et les centres de loisirs sont les plus touchés.

En sus, les sanctions adoptées par la CEDEAO et par les pays voisins pour faire plier la junte ont contribué à aggraver la situation. Plus de 10% du budget devait venir de la BCEAO, plus de 70% des biens de consommation doivent transiter par les pays frontaliers ; aussi, tout durcissement de mesures (conditions d’octroi de crédit de la BCEAO, embargo de la CDEAO, etc.) affecte négativement les conditions de vie des Maliens surtout ceux vivant dans le nord du pays. Le paradoxe étant que c’est toujours le peuple que l’on doit sauver, qui souffre en premier.

Etant donné que la détérioration de la situation économique est consubstantiellement liée à la crise politique, toute éventuelle sortie de crise se veut d’abord politique. Ainsi, nous recommandons :

1- La CEDEAO doit agir pour rétablir un ordre constitutionnel réel au Mali ;

2- La CEDEAO, avec les autorités légales du Mali, doit aider à la reconquête des espaces se trouvant sous le contrôle des terroristes, rebelles et des islamistes ;

3- L’armée malienne doit être renforcée afin de pouvoir assurer la protection du territoire ;

Enfin, des mesures sociales doivent être prises afin d’améliorer le sort des plus vulnérables. Pourtant, nous savons tous qu’à cette heure grave pour la nation, chacun doit consentir des sacrifices et s’armer de courage, pour le renouveau de la nation malienne.

Sources : DNSI, MEF

Sidy Bagayoko

03 Juillet 2012