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La gestion de l’école selon ATT se résume à la fin de la perturbation dans l’espace scolaire. Cela justifie d’ailleurs le choix de Mamadou Lamine Traoré nommé ministre de l’Education nationale, car aux yeux d’ATT, ce dernier, spécialiste en manipulation des leaders de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) est le seul à même de gérer les crises dans l’espace scolaire.

Maintenir l’AEEM en classe et sans revendications équivaut pour ATT à réussir sa mission en matière d’éducation. Depuis son arrivée au pouvoir, certains responsables de l’AEEM émargent au ministère de l’Education nationale.
Selon des sources bien informées, la signature à la présidence de la République du partenariat pour une Ecole performante et apaisée, a été obtenue contre paiement de fortes sommes d’argent à certains responsables de l’AEEM par le régime. C’est fort de la confiance que le président ATT a placée en lui que M. Mamadou Lamine Traoré, sans se préoccuper de la qualité et du rayonnement de l’enseignement, s’est adonné à la politisation de l’espace scolaire sur fond de règlements de compte et de nomination, à géométrie variable des directeurs de CAP et des proviseurs, et aux mutations arbitraires sur fond de corruption en faisant fi des compétences.

C’est sous Mamadou Lamine Traoré que les années scolaires sont tronquées au niveau du supérieur. Par exemple, l’année scolaire ne fait que trois ou quatre mois à la Faculté des sciences juridiques et économiques (FSJE), ex ENA).
Aussi, c’est dans cette faculté que l’étudiant Mamadou Traoré dit Papou a été abattu à mort suite au climat de violence qui y avait pris corps suite à l’immixtion de certains proches collaborateurs du ministre de l’Education, dont Moussa Touré, chef de cabinet, dans les conflits de leadership entre différentes tendances de l’AEEM.

M. Touré, qui est un cadre responsable du MIRIA, le parti de Mamadou Lamine Traoré, est le principal financier des actes de corruption au niveau de l’AEEM. C’est avec Mamadou Lamine Traoré que l’école malienne a perdu sa valeur et que le Mali figure parmi les pays les moins avancés dans la réalisation de l’Enseignement pour Tous (EPT).
Un jeune Burkinabé n’a-t-il pas déclaré sur les antennes de l’ORTM qu’il est venu passer son baccalauréat (Bac) au Mali, parce que plus facile que chez lui. Une trentaine d’élèves à Sikasso (3è région) ont réussi au Bac avec une mention et des moyennes de 6 sur 20. Et cela sans que les autorités en charge ne situent les responsabilités afin de sanctionner les coupables.
C’est sous Mamadou Lamine Traoré que la rentrée scolaire est effective avant même l’orientation des élèves ayant réussi aux examens d’entrée au lycée et à l’université.

C’est sous le Pr Mamadou Lamine Traoré (MLT) que les notes sexuellement transmissibles sont devenues une pratique courante. C’est sous MLT que les heures de cours normales sont négligées par les professeurs qui créent de par leur comportement des conditions favorables aux heures supplémentaires. C’est ainsi que l’Etat a payé en 2003-2004 neuf cent millions de F CFA en heures supplémentaires. Et le ministre a payé cet argent arguant qu’il ne veut pas d’histoire avec les professeurs. Aussi, le ministère de l’Education, qui est le ministère le plus important en termes de dotation budgétaire, n’a pu justifier la somme de plus de trois milliards de F CFA entre 2003-2004.
C’est dans ce désordre que le Mali se place parmi les rares pays sinon le seul où l’Etat ne reconnait pas les diplômes délivrés par des écoles professionnelles privées. Le paradoxe est que c’est l’Etat qui accorde l’autorisation à un promoteur d’ouvrir une école où il envoie très souvent des élèves. Combien de jeunes maliens fréquentent aujourd’hui les écoles privées ?
A l’éclatement de la guerre civile en RCI, plus de 3000 élèves de ce pays ont choisi d’aller étudier au Sénégal, au détriment du Mali, car ayant compris que les diplômes des écoles privées maliennes n’ont pas de valeur aux yeux de notre gouvernement.

C’est sous Mamadou Lamine Traoré que des affaires ahurissantes ont fait leur apparition au niveau du ministère de l’Education qui reçoit beaucoup de dons (matériel didactique, ordinateur, mobiliers de bureau, engins roulants, etc.) de la part de ses partenaires étrangers (Canada, Pays-Bas, Allemagne, Union européenne, France, USA, etc.).
Malgré ces dons, des magasins, des chefs de département, des DAF passent des commandes pour les mêmes matériaux qui seront jamais livrés car déjà présents dans les magasins. L’argent débloqué sur le budget du ministère est partagé entre eux et les fournisseurs avec bien sûr des faux documents de livraison.
Le Pr Mamadou L. Traoré connaît le système mais il laisse faire. Car lui- même est impliqué dans les affaires qu’il traite à deux niveaux :
1. La connexion avec Aliou Tomota de Graphic Industrie : Mamadou L. Traoré a connu Aliou Tomota par l’intermédiaire de son défunt beau- père qui travaillait aux Editions Imprimeries du Mali (EDIM), une entreprise d’Etat rachetée par le groupe TOMOTA.

Cette position privilégiée de M. Tomoto lui permet d’avoir un accès direct à Mamadou L. Traoré et sa femme qui reçoivent leur part de butin.
2. Son homme de confiance M. Keïta, qui a fait l’URSS avec lui, gère au département de l’Education la structure qui finance la construction d’écoles sur toute l’étendue du territoire national. Certains proches de M. Keïta servent d’intermédiaire dans la passation de marchés entre le ministère et les entreprises de construction moyennant de considérables dessous de table. C’est ainsi qu’une entreprise a même construit une villa cossue pour le couple Keïta après avoir eu un gros marché de construction d’une école.

Mais le hic est que ladite école a été mal construite.
C’est donc grâce à Alou Tomota et le couple Keïta que le ministre Mamadou L. Traoré paye les vacances de sa famille dans les grands hôtels aux Etats-Unis où il rejoint sa famille en 2005 en passant par Dakar pour ainsi brouiller les pistes.

L’Inter de Bamako du 16 Décembre 2013