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Depuis, les choses avaient notablement évolué. La situation financière de Luc s’étant améliorée, il s’était acheté une voiture.

Et c’est ce véhicule-là qui allait changer le caractère de notre assureur, à moins que l’homme n’attendait que cette promotion sociale pour dévoiler son AA8HNJ.jpgvéritable être. Ses bonnes habitudes avaient fondu comme beurre au soleil. Du jour au lendemain, il sortait souvent et ne rentrait qu’au petit matin, s’il ne découchait pas.

Bien entendu, Marie qui n’était pas habituée à pareil traitement avait commencé à s’inquiéter et à poser des questions. Si, au début, Luc réussissait à la rassurer en mettant son inconvenable comportement conjugal sur le dos des exigences de son métier, à la fin elle ne croyait plus aux dénégations et autres affirmations de son mari tant ses retards et ses absences perduraient.

Ses voisines qui l’enviaient au début, la plaignaient maintenant.

C’est peut-être pour cela, que certains proches de Luc vinrent à la traître, prévenir Marie que son Luc menait une double vie. Ils lui donnèrent des détails sur sa vie sentimentale parallèle. Bien sûr, lorsque forte de toutes ces précisions, elle lui posa la question à propos de ces cornes qu’il lui plantait, Luc grimpa sur ses grands chevaux, jura la main sur le cœur ne connaître de jupons que ceux de sa Marie chérie. Il n’en fallait pas plus pour jeter le trouble dans l’esprit de Marie qui ne savait plus que croire.

AA8HMX.jpgMais ce flou artistiquement entretenu par l’assureur allait douloureusement prendre fin le 12 juin dernier. Il ne comprenait pas que Marie le voulait à elle seule et qu’elle était prête à tout pour le garder: ce que femme veut, Dieu veut! Ce soir-là, comme dans ses nouvelles habitudes, Luc est rentré tard et ivre.

Une fois déshabillé, sa tête n’a pas encore fini de toucher l‘oreiller de son lit que déjà il sombrait dans un profond sommeil ; les godeurs savent de quoi je parle. Autant dire que Luc n’a pas le temps de répondre aux questions de son épouse sur sa dangereuse manière de vivre.

La pauvre restée au bord du lit, était en proie au désespoir lorsque l’idée lui vint de fouiller les poches de son mari à la recherche de quelque chose qui pourrait la situer sur l’homme qu’elle aimait. . . et ce quelque chose, elle le trouva dans la poche arrière du pantalon: une capote.

Un préservatif qui semblait lui dire que son mari la trompait régulièrement et lui mentait avec la même régularité.

L’amour de Marie pour Luc se transforma en haine. Une haine qui réclamait vengeance.

Pendant ce temps, Luc, la bouche ouverte, dormait toujours emplissant la chambre de bruits gutturaux, cette musique de l’ivrogne appelée ronflements. Bientôt, c’est un autre air qu’il allait entonner. Marie s’était levée et s’était rendue dans la cuisine.

AA8HMR.jpgElle avait mis une casserole d’eau au feu, puis elle a attendu que l’eau se mette à bouillir. Se saisissant de la casserole avec précaution, elle retourna dans la chambre où Luc vêtu uniquement de son slip dormait toujours.
Arrêtée au-dessus de lui, Marie visa ses parties intimes et lui versa l’eau bouillante dessus, brûlant grièvement ses cuisses ainsi qu’Ali baba.. et les deux sœurs jumelles. Elle semblait vouloir dire «puisque c’est avec ça que tu me trompes, s’il meurt, est-ce que tu ne vas pas rester tranquille maintenant?» quel gâchis !

A l’heure qu’il est, Luc n’est pas mort. Il suit en ce moment des soins intensifs dans une clinique. Les médecins n’osent pas se prononcer sur l’avenir de son sexe. Marie a-t-elle voulu punir un coupable ? Elle n’a réussi qu’à rendre son mari impotent pour longtemps et pour son grand malheur à elle-même.

Ce que femme veut, Dieu le veut ? Mais en vérité, est-ce que Dieu aime pareil acte ? Voyons !

Sacré CHEDOU OUEDRAOGO

28 juillet 2008