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Dans un entretien qu’il nous a accordé hier, le vice-président de l’Assemblée nationale et député CODEM élu en commune II du district de Bamako n’a pas mâché ses mots par rapport à ce qu’il appelle » le chantage de certaines institutions financières internationales » en parlant des menaces de sanctions du FMI dans le dossier de l’achat de l’avion présidentiel et du contrat d’équipements militaires.

Par rapport au sulfureux dossier dit des surfacturations dans l’achat de l’avion présidentiel et du contrat d’armement, certaines voix commencent à s’élever pour protester contre les exigences du fonds monétaire international (FMI). L’institution de Bretton Woods exige « un rapport des sanctions » à propos des malversations qui ont émaillé l’exécution de ces marchés publics.

Dans ce sens, l’honorable Hadi Niangado croit dur comme fer en l’adage « l’union fait la force ». Il souligne que si les Maliens sont unis et soucieux de l’avenir de leur pays, aucune institution internationale, quelle qu’elle soit ne peut les soumettre à son diktat. » Le Mali est un Etat souverain, indépendant qui a ses forces et ses faiblesses. Et notre pays ne doit pas subir de chantage ou dominé par un paternalisme ou une condescendance qui tende à humilier notre peuple ou ses institutions « , a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que le peuple malien, en toute indépendance, » doit voir, constater et agir dans le sens de ses intérêts « . Comme pour dire que les pressions exercées par le FMI sur les autorités maliennes ne visent pas que l’intérêt du pays. « Nous devons pas céder au chantage de certains de nos partenaires « , a-t-il martelé. Surtout que, poursuit le député de la commune II, le Mali est en pleine phase de sortie de crise, avec une situation socio-politico-sécuritaire encore précaire. » Il faut une dose de tolérance, de patience et de compréhension mutuelle pour sortir définitivement de la crise « , a-t-il ajouté.

Pour Hadi Niangado, la démarche pédagogique du FMI, en tant que partenaire du Mali, aurait dû consister à émettre ses avis critiques sur la gestion des finances publiques du pays. Ce qui va pousser les gouvernants à prendre des mesures de corrections. Elle ne doit pas donner lieu à un rôle de gendarme avec une intransigeance tendant à nous « infantiliser comme si le Mali était devenu un protectorat de cette institution « . Et d’ajouter que le Mali et le FMI doivent savoir que dans tout partenariat, il y a des négociations et des concessions.

Il invite les Maliens à rester soudés pour faire obstacle à toutes les pressions qui peuvent contribuer à déstabiliser le pays. « Le Mali a beaucoup souffert et ce n’est pas le président de la République ou le RPM, ou la majorité présidentielle ou l’opposition qui perd dans des sanctions contre notre pays. C’est l’ensemble du peuple. Nous devons nous surpasser pour sauver notre contre toutes les menaces, d’où qu’elles viennent « , a-t-il conclu.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 19 Novembre 2014