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Le journal Les Echos lance une nouvelle rubrique, « Jamabulon », qui donne exclusivement la parole aux lecteurs sur un sujet précis. Pour cette première édition, nous avons voulu parler de pauvreté au Mali. Qu’est-ce que vous en pensez et quelles solutions vous préconisez ? Nous remercions infiniment ceux qui ont bien voulu partager leurs opinions et leurs convictions avec les autres. Désormais, une fois par mois, nous lancerons ce débat.

Sur les 50 pays les plus pauvres du monde, classés selon l’indice de développement humain (IDH) du Pnud, 33 sont situés en Afrique subsaharienne. Malnutrition, pauvreté, illettrisme, situation sanitaire désastreuse… le continent est la première victime du creusement des inégalités dans le monde.

Si de 1960 à 1980, les pays d’Afrique ont enregistré des progrès sensibles en matière de développement économique et social, ces progrès se sont ralentis, notamment du fait des effets désastreux des plans d’ajustement structurel menés par les institutions financières internationales. Le Mali, pour sa part, a été classé avant-dernier, distancé par bien de pays en guerre, frappés par les calamités…

Les raisons ? Une gouvernance calamiteuse, des dirigeants se souciant peu du bien-être collectif et bien d’autres raisons que certains développent dans les lignes qui suivent.

La notion de pauvreté monétaire étant difficile à cerner avec précision, plusieurs conventions sont utilisées selon les pays pour déterminer le seuil de pauvreté. On distingue en général un seuil de pauvreté absolue, surtout significatif pour les pays les moins avancés et un seuil de pauvreté relative, utilisé dans les pays industrialisés.

Dans les deux cas, afin de pouvoir faire des comparaisons internationales, les seuils doivent être exprimés en parité de pouvoir d’achat, ce qui permet de s’affranchir des fluctuations de change.

Il existe plusieurs méthodes d’évaluation absolue de la pauvreté. Toutes ces méthodes se basent sur des conventions normatives admises à un moment donné dans le pays ou dans une communauté donnée. Une de ces méthodes est fournie par la Banque mondiale avec critère du seuil normatif de 1 dollar (de 1990) par personne et par jour.

Une autre approche de la pauvreté absolue est fondée sur la méthode du coût des besoins essentiels. Cette méthode consiste à estimer le niveau de revenu nécessaire à un individu pour satisfaire un besoin calorique normatif donné (2450, 2400, 2200, 2100 kcal ou tout autre niveau).

Dans tous les cas, pour un citoyen, l’aune à considérer est le bien-être et la satisfaction des besoins essentiels. Or, dans ce domaine, tout va de travers ici.

Alexis Kalambry

17 juillet 2007.