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En mars dernier, Ljubljana (Slovénie) a abrité la 15ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP -UE. Une forte délégation de l’Assemblée nationale, dirigée par le deuxième vice-président, Assarid Ag Imbarcawane y a pris part. Parmi les thèmes évoqués, figure en bonne place la  » violence à l’égard des femmes « . Et c’est le forum des femmes qui a discuté de cette question. La dame ACP-UE du parlement malien, Mme Haïdara Aïchata Cissé, a participé à cette rencontre et n’a pas manqué de faire un vibrant plaidoyer en faveur des femmes. Aussi, a-t-elle demandé au forum des femmes ACP – UE de féliciter et d’encourager les premières dames d’Afrique à réaliser leurs projets notamment celui qui consiste  » à prévenir et éviter les guerres dans le monde en général et en Afrique en particulier, qui sont, rappelons-le, la principale source de violence faite aux femmes « .

La violence à l’égard des femmes existe dans chaque pays du monde. Elle constitue une violation des droits de l’homme. La violence à l’égard des femmes a un impact plus profond que le dégât immédiatement causé.

Elle exerce des conséquences dévastatrices sur les femmes et cause trop souvent sur les femmes des effets traumatisants pour les enfants. Elle réduit la capacité des femmes qui en sont victimes à contribuer à la vie familiale, sociale, économique et publique.

Selon les estimations, entre 20% et 50% de femmes sont ou ont été soumises à la violence physique par leur partenaire ou par un membre de leur famille. Des juristes, des spécialistes et des militants des droits humains ont même soutenu que la violence physique, sexuelle et psychologique, parfois mortelle, infligée aux femmes, est comparable à la torture tant par sa nature que par sa gravité.

La violence conjugale possède plusieurs visages, elle peut être physique, sexuelle, psychologique ou encore économique : des sévices physiques infligés par un conjoint, un compagnon ou un membre de la famille. Il peut s’agir également de pratiques traditionnelles nuisibles comme les mutilations génitales féminines.

Des sévices sexuels tels que les rapports sexuels contraints par la menace, l’intimidation, la force physique ou la contrainte à des rapports sexuels avec des tiers. Quant aux sévices psychologiques, ils consistent en un comportement visant à intimider ou à persécuter, sous menaces d’abandon ou de maltraitance, de confinement au foyer, de contrôles, de menace sur les enfants, d’isolement, d’agressions verbales, ou d’humiliations constantes.

Même si l’impact des sévices physiques est plus visible que les séquelles psychologiques, les insultes, les humiliations réitérées, les menaces constituent également des formes de violences, plus subtiles et insidieuses. Mais elles sont inévitablement plus difficile à cerner et à dénoncer et condamnent souvent les femmes à une situation de déstabilisation et d’impuissance mentales. Il y a également les sévices économiques qui comprennent des agissements comme la privation d’argent ou le refus de contribution financière. Néanmoins, l’on voit émerger, au sein de la communauté internationale, une prise de conscience politique quant à la nécessité de combattre cette violence.

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée dans le cadre de l’ONU (1979), a constitué le premier instrument juridique contraignant relatif aux droits des femmes. En effet, elle considère que toutes les formes de violence fondées sur le sexe devraient être considérées comme un délit et rappelle aux Etats parties à la Convention qu’ils sont expressément tenus de prendre des mesures contre les auteurs de violences à l’égard des femmes.

En décembre 1993, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration sur l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes. Deux ans plus tard, la quatrième conférence mondiale sur les femmes de Pékin a inclu cette convention parmi ses douze objectifs stratégiques. Aujourd’hui, ce sont les parlements communautaires qui s’engagent en faveur des femmes. C’est dans ce cadre que le forum des femmes de la 15ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE a été organisé le 15 mars dernier à Ljubljana (Slovénie).

L’intervention de la représentante du Mali, l’honorable Mme Haïdara Aïchata Cissé a été fort appréciée

« Avec les guerres qui sévissent de plus en plus en Afrique, le continent vit un drame : les femmes en sont les premières victimes. Pendant les guerres, elles ont faim ; elles ont soif ; elles sont exposées au SIDA avec les viols. Elles sont atteintes dans leur dignité. Nos familles sont amputées.

Nos enfants sont mutilés. Ils voient leurs pères, leurs mères, leurs frères, leurs sœurs, assassinés ou violés devant eux, s’ils ne sont pas obligés d’y participer. Pour être concret, il faut appliquer la résolution 1325 des Nations Unies, qui reconnaît les femmes comme actrices de la lutte contre les conflits
 » a-t-elle souhaité.

Avant de faire un témoignage de taille : « J’ai eu la chance d’être invitée au forum des Premières Dames d’Afrique, qui s’est tenu à Brazzaville au mois de février dernier. J’ai particulièrement apprécié la détermination des Premières Dames d’Afrique à jouer le rôle qui est le leur pour régler les conflits en Afrique par le dialogue…Au cours des débats, elles ont même parlé de la possibilité de travailler avec les Premières Dames du monde entier pour trouver une solution adéquate et durable à ce fléau qui déchire l’Afrique. C’est le lieu pour moi de les féliciter et demande à notre forum de les encourager à réaliser leurs projets « .

Mme Haïdara Aichata Cissé a également émis le vœu de voir  » formaliser le forum des femmes ACP – UE. Cela nous permettra à court terme d’élargir notre champ d’action et de travailler étroitement de façon plus officielle avec les réseaux existants et les Premières dames d’Afrique, pour prévenir et éviter les guerres dans le monde en général et en Afrique en particulier, qui sont, rappelons-le, la principale source de violence faite aux femmes « .

Chahana TAKIOU

17 avril 2008.