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Lors de la remise de son rapport 2012 au Président de la République, le Vérificateur Général Amadou Ousmane Touré a fait une révélation de taille en annonçant : «… En effet, pour la première fois, et c’est tout à votre honneur, le Vérificateur Général a été consulté pour la nomination de hautes personnalités, afin de vous rassurer qu’elles n’ont commis aucun écart de gestion pendant leurs parcours professionnel et qu’elles sont dignes de confiance pour la conduite et la direction des affaires publiques.

Le Bureau du Vérificateur général a perçu cette démarche comme un signe fort de gouvernance éclairée et de rigueur politique dans le choix des hommes auxquels vous avez bien voulu accorder votre confiance. Comme à l’accoutumée, nous avons mis à la disposition de vos mandataires des informations crédibles, sincères et fiables, dans la mesure de nos connaissances sur les intéressés…»

Au Vérificateur général, notre journal est tenté de dire qu’il devrait faire économie de ce chapitre, qui ternit davantage son image et sa crédibilité aux yeux de nombre de Maliens, mais aussi celle de son hôte du jour. Nul n’ignore que, mieux que le Vérificateur général, le président de la République dispose de nombreux professionnels de renseignements pour prendre de bonnes décisions.
Cependant, malgré que plusieurs cas ont été gérés par le même Ibrahim Boubacar Kéïta, alors Premier ministre de Alpha Oumar Konaré, des anciens ministres, qui ont pillé le Trésor public, sont revenus en force dans le gouvernement Oumar Tatam Ly.

Le Vérificateur général, hier procureur de la Commune III, chargé du Pôle économique est bien ce magistrat, qui avait en charge le traitement des dossiers de malversations et de détournements des fonds publics et pour lesquels nous citons le cas de deux ministres en vue : Soumeylou Boubèye Maïga et Moustapha Dicko. A ce sujet, nous signalons l’existence d’un document : «la liste des rapports transmis par la CASCA au procureur et ayant fait l’objet d’une procédure judiciaire».

Comme l’a dit le président Ibrahim Boubacar Keïta, dans sa réponse et en des termes bien à propos : «… le ridicule ne tue plus…».
Seulement, comme dirait l’autre, «Si les grades et les honneurs ne s’obtenaient qu’au prix de leurs mérites, que de gens nus seraient couverts et nombres qui commandent seraient commandés».

Brin COULIBALY

L’Inter de Bamako du 2 Décembre 2013