Partager

La section syndicale nationale des travailleurs des impôts du Mali vient de déposer sur la table du directeur de ce service un préavis de grève de 48 heures allant du lundi 1er au mercredi 3 juillet 2013. Le motif invoqué par le syndicat à cette fin est que le montant de la prime allouée aux travailleurs des impôts cette année n’est pas conforme à celui auquel ils ont habituellement droit. Le syndicat estime que malgré l’engagement de la direction de produire les documents officiels justifiant cette différence, plus de quinze jours après le bureau n’a reçu aucune réponse. Aussi a-t-il décidé de partir en guerre contre Dionké Diarra et son équipe.

Sur le fond du contentieux, on constate effectivement qu’il y a une diminution du montant de la prime accordée aux agents des impôts cette année. Celui-ci est passé de 2 825 232 000 FCFA à 2 406 240 000 FCFA. Le paiement de cette dernière somme a été effectivement ordonné par le ministre des finances Tiénan Coulibaly à la directrice nationale du trésor et de la comptabilité publique sur les recettes budgétaires de 2012. Il s’ensuit ipso facto que le pauvre Dionké Diarra n’a rien à voir dans la fixation du montant des primes contrairement à ce que pense Ali Diarra, le secrétaire général du syndicat pour qui le directeur joue de complicité avec le cabinet.

D’ailleurs les impôts ne sont pas seuls dans la danse des avantages inhérents à la nature du service. L’Etat a décidé d’accorder des primes à tous les services relevant de l’assiette pour non seulement motiver les agents de recouvrement mais surtout les mettre à l’abri de la tentation et pour cause, question d’argent le diable rode à tous les coins de rue. C’est ainsi que chaque année une enveloppe de 2897107500 FCFA est allouée à la direction nationale du trésor et de la comptabilité publique, 523 222 504 FCFA à la direction nationale des domaines et du cadastre et 1 783 774 772 FCFA à la direction générale des douanes.

Une source proche du dossier explique que d’autres services collaborent avec les impôts pour faciliter le recouvrement des taxes et autres redevances. Il s’agit du budget et du contrôle financier. Or ses services n’ont pas de budget propre pour motiver leurs agents et sans eux il serait difficile pour la DGI d’atteindre les objectifs de recettes fixés par le gouvernement. Et donc depuis six ans des négociations sont au cours pour leur faire des ristournes sur les primes des agents des impôts. D’où la ponction opérée cette année et de façon tout à fait officielle.

Les faits sont clairs mais lorsque des considérations extra syndicales se mêlent à des revendications corporatistes, l’atmosphère dévient délétère. C’est ce qui prévaut actuellement à la DGI. Nommé par l’ancien DG Ba Aly Traoré tout se passe comme si le secrétaire général du syndicat Ali Daou ne veut pas sentir son nouveau patron. Il lui cherche des poux dans la tête. La preuve, au cours d’une visite de courtoisie chez le ministre des finances avec tout son bureau, il pose la question de savoir pourquoi celui-ci a fait revenir Dionké à la tête des impôts.

Outré par une question aussi saugrenue, Tiéna Coulibaly rétorqua sèchement à l’impertinent inquisiteur : » Ah bon ! c’est à toi maintenant de me dire le choix de mes collaborateurs ». Cet épisode montre à suffisance que Ali Daou cherche la petite bête à venger son mentor Ba Aly Traoré. S’il avait encore une petite dose de patriotisme, il aurait pris conscience qu’en ces temps de crise, aller en grève en perturbant son service est presque un délit. L’Etat a besoin d’argent ne serait-que pour le payer. Quant à Dionké Diarra, il est de notoriété publique qu’il a fait ses preuves en dépassant toujours les objectifs de recettes fixés par le gouvernement.

A cause de son expertise les Canadiens qui financent les programmes d’équipement des services des impôts l’ont chaudement recommandé. Mais il fallait le savoir plus tôt.

Mamadou Lamine DOUMBIA

24 Juin 2013