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C’était compliqué pour le Sud d’aller au Nord écouter les plaintes et les complaintes de nos frères et sœurs qui vivent l’humiliation, les sévices, la loi de ceux qui dénient désormais à notre État son pouvoir régalien, donc sa raison d’être. Mais la Coalition pour le Mali a choisi de déranger notre confort en venant faire témoigner nos martyrs jusque dans la capitale. Résultat : ils défilent d’Ansongo à Douentza en passant par Tombouctou et Kidal, pour dire le calvaire que vivent les zones occupées. Il y a quelques mois personne n’aurait cru possibles de telles horreurs sur notre territoire.

Quelques heures après la première exécution extrajudiciaire à Tombouctou par les envahisseurs et à quelques heures d’une rencontre vitale du Conseil de Sécurité sur la crise malienne, la Cpm, initiative citoyenne trans-parti, trans-idéologie et trans-région, a fortement secoué les dattiers. Ce qui en est tombé, hélas, ce n’est pas les dattes savoureuses de l’Inchawag, mais celles de la colère légitime contre ce qui ressemble ici à une assistance à compatriotes en danger et là à un endossement de l’indépendance du Nord arrosé de larmes de crocodile ou de propos bravaches sur fond d’inertie.

Les vrais experts ne sont pas au Pentagone ou à Abuja, ils sont à Bourem, Tessalit, Gao et ce sont ceux qui vivant avec leurs agresseurs, connaissent leurs visages, leurs forces et leurs faiblesses. Leurs témoignages convergent tous vers un seul postulat : l’adversaire est à portée de main, il peut être vaincu et sera vaincu si le gouvernement malien le veut et s’il peut compter sur la solidarité agissante du monde. Mais attention, il a été dit : solidarité, pas fourberie, esquive ni rétractation. Solidarité contre une menace qui a son agenda et qui ne perdra plus de temps avant de frapper tous les voisins du Mali, l’Afrique du Nord et l’Europe plus tard.

Les congressistes ont dit autre chose de capital : après l’avoir libéré, il faudra panser le Nord où la confiance ne règne plus et où la précarité s’est accrue. Le Sahel, on le savait de tout temps, a besoin de son plan Marshall pour éviter à sa population de dépendre du paracétamol d’Aqmi. Par l’audition des martyrs du Nord, Bamako confirme ce besoin depuis hier.

Adam Thiam

04 Octobre 2012