Partager

Le Mali y était. Il a marqué de sa présence l’édition 2012 à Londres qui vient de prendre fin. Malheureusement, aucun de nos porte-drapeaux n’a réussi à faire flotter le drapeau national dans le ciel londonien, encore moins à y faire retentir l’hymne national.

Zéro médailles ! Nos représentants ont traversé le ciel des Jeux Olympiques de Londres tels des météores : sans de trace, pas d’impact ! Ce qui n’était pourtant pas le cas des Sénégalais, des Gabonais, des Kényans, des Sud-Africains, des Ougandais, des Ethiopiens et des Nigérians qui étaient tous au cœur de l’événement et en phase avec l’un des plus grands rendez-vous sportifs de la planète. Nos compatriotes confesseront humblement qu’ils n’ont jamais entendu les noms de nos représentants à Londres. Qu’on ne s’attende donc pas à ce qu’ils les connaissent, à plus forte raison qu’ils attendent d’eux des exploits qui les signalent à l’attention universelle.

C’est la faillite complète, voire la déconfiture sur toute la ligne : du football, notre sport-roi, au basketball où nous brillions naguère, en passant par les arts martiaux et l’athlétisme en général, notre pays avait dans le temps été crédité de quelques succès. Qu’est-ce qui explique donc cette faiblesse, voire cette nullité de résultats du sport malien (toutes disciplines confondues) aux J.O. de Londres ? C’est à se demander ce que faisaient les Ligues et leurs différentes fédérations et à s’interroger sur l’utilité du ministère des Sports. Au vu de ces piètres résultats, les structures en charge de la gestion du sport malien donnent l’impression de tournons en rond.

Qu’on ne nous parle donc pas de « Journées de réflexion » ou « d’Etats généraux du sport », ni de « Forum national du sport » : on aura déjà tout essayé. D’ailleurs, toutes ces initiatives ne sont que des variantes d’une seule et même triste réalité : beaucoup de commissions, de rapports, de résolutions, recommandations…, bref, beaucoup de « bavardages » (peut-on dire) pour aboutir finalement à des nèfles, c’est-à-dire rien ! Notre pays est riche en réformes sportives, mais sportivement pauvres pour exécuter ces réformes. Or, sur une aire de saut ou de lancer, sur une piste de course ou sur un ring, on ne fait pas de littérature et on ne se perd pas en théorie : on doit plutôt marquer des buts, courir contre la montre, terrasser l’adversaire, aller plus vite, plus haut, plus loin.

C’est aussi clair et précis que cela, et tout le reste n’est que du bluff.

Le sport national est à l’image d’un grand édifice, et la volonté politique en constitue les fondations. Le standard du sport malien dépendra de l’ambition affichée par les plus hautes autorités maliennes. Qui ne fait pas assez aura peu, et le contraire est tout autant vrai. Il faut savoir faire le choix entre le sport du dimanche ou de quartier et le sport compétitif et de haut niveau.

Le premier n’est pas « sortable » ; c’est-à-dire qu’il n’est ni « exportable », ni compétitif : il reste donc confiné dans l‘espace du territoire national. Mais le second est exportable et compte sur et avec les meilleurs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Il développe et entretient le « spirit fithing », c’est-à-dire l’esprit de compétition des Anglais axé sur les résultats. En fait, il ne s’agira plus de participer ou de faire de la figuration : il s’agira de gagner !

On ne construit pas un sport national de cette envergure (J.O. de Londres 2012) avec des « cacahuètes » ou avec des « noix d’acajou », autrement avec négligence été légèreté : on doit plutôt libérer des moyens colossaux et conséquents pour la cause, à commencer par l’homme comme la toute première ressource à former techniquement, à motiver matériellement, à doper mentalement et à élever moralement dans le sens du devoir, devoir envers lui-même, envers ses semblables, ses compatriotes, son pays, son continent… Nous voilà ainsi au point de rencontre des valeurs marchandes et non marchandes.

Le sport est à la fois un jeu, un enjeu, un produit, un spectacle, un business… Faisons en sorte qu’il devienne une voie d’affirmation des hommes et des Nations sur le domaine de l’excellence.

Le Fouineur

Le Combat du 21 Août 2012