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C’est lors d’une conférence de presse téléphonique avec des journalistes d’une vingtaine de pays que Johnnie Carson a dit, avec la plus grande clarté et la plus grande fermeté : « l’administration Obama est pour le renforcement de la démocratie et de la gouvernance et elle n’acceptera plus de tripatouillages électoraux. La volonté exprimée par la peuple doit être respectée ».

Le sous-secrétaire aux Affaires africaines a tenu ces propos au détour d’une question sur la présidentielle ivoirienne. L’administration américaine, a-t-il répété, ne reconnaît qu’Alassane Ouattara en conformité avec l’Onu, la Cedeao, l’Union africaine et la Communauté internationale. « Laurent Gbagbo doit transmettre le plus tôt possible le pouvoir au candidat élu sous peine d’encourir, dans les plus brefs délais des sanctions ciblées contre lui et ses proches : gel des avoirs, restrictions de visas, etc.

Les Etats-Unis sont-ils justes et équitables en ayant sur le Kenya et la Côte d’Ivoire deux approches différentes ? Pour Mr Carson, les deux cas sont différents : « les preuves que Ado a gagné le scrutin ont été établies et sa victoire certifiée par l’Onu.

Ce qui n’était pas du tout le cas de l’élection kenyane». Mais le Kenya, dit-il, reste un pays de concentration pour l’administration américaine en raison de son caractère stratégique dans la Corne de l’Afrique. Sur la Guinée, le diplomate américain a salué la victoire d’Alpha Condé et « l’attitude responsable » de Cellou Dalein Diallo qui a accepté le verdict de la Cour suprême. Il garde bon espoir pour ce qui concerne le référendum imminent au Sud-Soudan et trouve normal ce mécanisme qui avait été prévu, rappela t-il, dans les accords de Paix Global de Naivasha signés par le pouvoir de Khartoum et le Splm.

Tout en étant engagés pour la démocratie, la paix et le renforcement économique en Afrique, les Usa attachent, selon Mr Carson, une importance particulière à la Santé, à travers l’Initiative Globale pour la Santé du président Obama, avec un accent particulier sur la lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose. La priorité est également accordée aux questions transnationales dont le changement climatique, la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic.

Sur l’affaire Wikileaks, le sous-secrétaire a dit qu’il s’agit d’un acte répréhensible d’un militaire aujourd’hui aux arrêts et qui a subtilisé et transmis des documents en violation de la loi. Ces « fuites » n’entameront pas, à ses dires, la volonté de partenariat des « Etats-unis qui respectent chaque pays ». Les informations transmises, a-t-il rappelé, n’ont pas toujours orienté la réponse de Washington. Et finalement, caricatura t-il, c’est comme si on retrouvait sur la place publique les discussions « qu’un couple peut avoir sur une belle-mère ou sur la couleur de chaussettes qu’il faut avoir ».

Adam Thiam

10 Décembre 2010.