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Autrefois, le mariage était la raison d’être de toute femme. La jeune fille dès l’âge de la puberté était promise et mariée très tôt. Aujourd’hui, on assiste au phénomène de mariage tardif car beaucoup de jeunes filles préfèrent attendre d’avoir une situation avant de se marier.

Propos recueillis auprès de quelques femmes en situation de mariage tardif : Mariam Traoré est comptable dans une société de distribution, elle habite à Sangarébougou. Pour cette mère de famille, la jeune fille doit attendre d’avoir une situation avant de se marier. Si elle veut se faire respecter plus tard dans le foyer, elle ne doit pas aller au mariage sans avoir une activité génératrice de revenus ou un emploi. Sinon, le cas échéant, elle constituera une charge pour son époux, ne bénéficiera pas de son plein respect parce qu’il lui faudra tendre la main à l’homme pour payer le piment ou le sel, par exemple. Je ne souhaite pas me retrouver dans cette situation qui ne valorise pas la femme.

Cette lycéenne de Ladameso, du nom de Ramata Diamoutènè, déclare qu’autrefois, les femmes étaient destinées uniquement au foyer, à l’entretien du mari et des enfants. Elles n’avaient presque pas le temps de mener des activités génératrices de revenus. Très tôt, elles étaient mariées de gré ou de force à des hommes qui avaient souvent l’âge de leur père. Mais aujourd’hui, les données ont changé. Les jeunes filles vont à l’école, au collège, à l’université et peuvent accéder à des postes de responsabilité.

Cependant, il y a des cas où le mariage devance tout. Dans cette situation, la femme doit persévérer jusqu’à ce qu’elle trouve une situation financière stable.

Assitan Dramé, est une institutrice à l’école Donni Dambé. Elle pense qu’à l’heure où on crie à la parité, à l’émancipation et à l’épanouissement de la femme, il est important que celle-ci ait une situation avant de s’engager dans le mariage. Dans un couple, l’homme et la femme doivent se compléter. Et si, aujourd’hui, la femme n’a aucune situation, il est difficile pour elle de se trouver un mari. Pire, la belle famille vous considère non pas parce que vous êtes respectueuse ou polie mais parce que vous êtes nantie, généreuse dans la distribution de présents. Dans ces conditions, il faut nécessairement exercer un métier ou avoir une activité qui prospère avant de penser au mariage.

Quant à Mme Kadiatou Camara ménagère à Sotuba, elle suggère le fait d’attendre d’avoir une situation avant de se marier car le premier mari de la femme, c’est d’abord son travail. Aujourd’hui, avec le coût élevé de la vie et les salaires dérisoires que la majorité des travailleurs gagnent, l’apport de tous est indispensable pour entretenir le foyer. Le revenu de la femme aussi petit soit-il est le bienvenu. Il arrive souvent que l’homme perde son emploi et les dépenses retombent sur les épaules de la femme. Si celle-ci ne travaille pas, comment survivre au foyer ? La vie est tellement incertaine qu’il faut se préparer à toutes les éventualités.

Awa Doumbia, coutière à Doumanzana pense que si la femme a une situation avant de se marier, elle est plus responsable ; dans le cas contraire, elle doit attendre tout de son conjoint avant d’atteindre ses objectifs. Elle sera déçue car la vie coute actuellement très chère. Chacun doit travailler pour apporter sa contribution au sein du ménage en exerçant une activité. Ainsi la femme ne sera plus autant influencée par son époux.

Mais la cherté de la vie n’est pas une raison pour refuser de se marier tôt, car actuellement pour avoir un mari il faut transformer son foulard en ceinture. Même étant dans le foyer chaque femme peut se battre pour trouver un métier ou une activité génératrice de revenus.

Aby Diabaté (Stagiaire)

L’Indépendant du 23 Novembre 2012