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La maison de la presse a abrité, hier jeudi, une conférence de presse sur la situation de l’école qui Prévaut à la Faculté de sciences Juridiques et politiques (FSJP ). Celle-ci était animée par Djibon ding Dembelé, Secrétaire général du comité de la FSJP / FSEG. Il était assisté par docteur Abdoul Mallé, Secrétaire général du SNESUP.

Le conférencier, Djibon ding Dembélé, a, tout d’abord, éclairé la presse sur la situation de crise, qui prévaut actuellement à la FSJP. Celle-ci, selon lui, est née de l’immixtion du Ministre des Enseignements secondaire supérieur et de la recherche scientifique, Amadou Touré.

C’est ainsi qu’il a confié à la presse qu’« au moment où le décanat de la FSJP s’apprêtait à commencer l’année universitaire 2007- 2008, contre toute attente et pour des raisons qui lui sont propres, le ministre Amadou Touré. a demandé l’organisation d’une seconde session pour, selon lui, donner une dernière chance aux étudiants non admis à la session unique ».

A cet effet, selon l’orateur, « le corps professoral a posé ses conditions. Celles-ci ont toute été acceptées publiquement par le ministre. A savoir, pas de repêchage, la sécurisation de l’espace universitaire et la non immixtion des autorités administratives dans le processus des examens »

Le conférencier a soutenu que le corps enseignant de la FSJP a déployé beaucoup d’efforts pour corriger rapidement les copies et les commissions d’examen ont tout mis en œuvre pour centraliser et traiter les résultats avec célérité.

« Depuis longtemps, les résultats étaient disponibles et le doyen s’apprêtait à réunir le jury d’examen afin de les proclamer. C’est en ce moment que le ministre a contraint le vice-recteur d’écrire au doyen de la FSJP pour lui dire de lui proposer une date pour les délibérations de la deuxième session, d’attendre son accord pour la publication des résultats et enfin de faire une projection des taux probables d’admis et de l’en informer ».

Faute d’avoir reçu la coopération qu’il escomptait du doyen de la FSJP, le Ministre Touré l’a menacé que, si jamais il publiait les résultats des examens qui ne sont pas bons, vingt deux mille étudiants déferleraient dans les rues de Bamako et que lui, le Ministre Touré, ne pourrait pas assurer sa sécurité.

Et, comme si ces menaces n’étaient pas suffisantes, il lui fit remarquer que les résultats qu’il veut publier sont susceptibles d’entraîner son limogeage. Pour Djibon Ding Dembélé, ce comportement du ministre est grave, surtout à cause du non respect de la parole donnée.  » Il est donc difficile de croire un ministre qui ne dit pas la vérité « .

Et pour enfoncer le clou, Dibon Ding dira que  » par ailleurs, son comportement ne peut s’expliquer que par le fait que sa femme est étudiante à la faculté des sciences juridiques et politiques, en troisième année droit privé et que celle-ci n’a pas réussi à la première session « .

Pour conclure, le secrétaire général du comité FSJP/FSEG dira que la structure a déposé un préavis de grève qui prendra effet demain.

Le contenu de ce préavis de grève comporte deux points : que le ministre ne se mêle plus dans le processus de proclamation des résultats et que désormais il cesse de convoquer administrativement le Doyen de la FSJP pour lui donner des instructions.
Le non respect de ses deux points, a averti Djibon- ding, va entraîner une riposte qui sera graduée en fonction des ses agissements.

Pour sa part, Dr. Abdoul Mallé, Secrétaire générale de l’ENSUP a menacé que « si le ministre n’arrête pas à monter les etudiants contre nous, ça va être grave « . Moussa Tamboura, secrétaire aux relations extérieures a, quant à lui, invité le gouvernement à prendre ses responsabilités face à l’insécurité qui gagne l’espace universitaire.

Pierre Fo’o MEDJO et Samba TRAORE Stagiaire

25 Avril 2008