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La démocratie malienne, dit- on, a été citée en exemple à travers le monde. Cependant, la course vers le multipartisme a été contrariée par celui-là même qui s’était autoproclamé fervent défenseur de la démocratie en Afrique. Alpha Oumar Konaré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, sera un jour interpellé par l’Histoire. Ce grand moment n’est d’ailleurs pas très loin. Comme aiment dire certains TROP C’EST TROP Le jugement des hommes ne se fait pas attendre en pareille circonstance.

jpg_hommage-aux-martyrs-26-mars-1991-2.jpgD’ici là, nous nous ferons le devoir d’interpeller le premier président démocratiquement élu au Mali afin qu’il s’explique sur les actes qu’il a posés avant de remettre le témoin à ATT, le 8 juin 2002. Que n’avait-il pas dit à l’époque sur les antennes de RFI à propos des militaires ? «Il faut à tout prix éviter le retour des militaires au pouvoir en Afrique, quelque soit leur motivation un militaire reste toujours un militaire .Ils constituent une menace pour la démocratie».

Malgré cette mise en garde du professeur, l’alternance a été militaire en 2002 au Mali. Le second fait, qui a étonné plus d’un, est l’amplification de la délinquance financière comme mode de gouvernance. Du coup, la République du Mali a été transformée en ETAT MARMITE avec à la clé le bazardage de 35 sociétés et entreprises d’Etat.

Trente cinq (35) sociétés étatiques sont passées par là:

la privatisation (un des bouillants ministres du régime ADEMA surnommé monsieur 10% aurait 52 parcelles à l’agence de cession immobilière (ACI), propriétaire d’un yacht. Ses enfants à l’instar des autres barons du clan étudient dans les grandes universités américaines et canadiennes.


Pendant ce temps, le Mali recule, Alpha Oumar Konaré,
ses gouvernements, ses institutions et son parti Abeille avançaient dans les actes et les faits. Le dernier qui a défrayé la chronique et ému les démocrates sincères et convaincus est la libération du général Moussa Traoré en juin 2002.

Combattu pendant 23 ans par les amis et compagnons de lutte du professeur Konaré bénéficia d’une grâce présidentielle avec tenez-vous bien une réhabilitation. Pourtant, le jeune soldat du 19 novembre a bâillonné toute l’intelligentsia malienne de 1968 à 1990. Alpha se reproche- t- il quelque chose ?


En 1998, selon un rapport de la Banque mondiale,
le MALI d’Alpha Oumar Konaré comptait 21 milliardaires qui se sont enrichis grâce au détournement de l’aide publique au développement. Telle est l’une des facettes du bilan du régime de l’ADEMA, légué au général, Amadou Toumani Touré, héros du 26 mars 1991. Une historienne de renommée mondiale a déclaré sur une antenne en parlant de Dianguina le héros de son livre «un héros meurt toujours si ce n’est pas le cas c’est un lâche.»


Des attaques directes
qui montrent que l’atmosphère est polluée entre le couple démocratiquement élu et celui politiquement recommandé. A la remise des médailles au CICB, Adam Ba Konaré et Lobbo Traoré étaient assises côte à côte. En aucun moment, elles ne se sont adressées la parole. Qu’à cela ne tienne ATT est «démocratiquement élu» et a prêté serment le 8 juin 2002.

Le Mali bascule dans le consensus, ATT fait fi de la majorité sortie des urnes, pire il nomme des Premiers ministres sans coloration politique et confie le ministère clé de la démocratie, l’Administration territoriale et des Collectivités locales à un général de l’armée. Drôle de consensus ! Que de boutades lancées par ATT! Pendant la transition : « ce sont les fous et les cons qui cherchent à être président du Mali. »

Dix ans après, le diseur de ces propos revenait à Koulouba. Il y a plus d’un an qu’Alpha Oumar Konaré est rentré au bercail après quatre ans passés à la Commission de l’Union Africaine. Ce qui choque, c’est le silence coupable du professeur envers son peuple qui lui a tout donné : POUVOIR, ARGENT, RENOMMÉE.


Avec ATT, c’est le même scénario :
pillage des ressources étatiques alors qu’il avait averti : «si tu bouffes, tu paies ». Du silence aujourd’hui coupable d’Alpha au bè bi babolo d’ATT, les Maliens ont enduré beaucoup de souffrance. Combien sont –ils morts pour qu’il ait la démocratie ? Que sont devenus Victor Orion Sy, Issa N’Diaye, Bakari Trairé «PIONNIER», Kadari BAMBA, Kari Dembélé, Abdramane Baba Touré, Mohamedoun Dicko,t Kassa Traoré… Ils ont bravé le régime UDPM afin qu’il ait le multipartisme.

De Alpha à ATT, les modes de gouvernance demeurent les mêmes systématisations de la délinquance financière, incivisme à tous les niveaux parce que le bel exemple de démocratie a basculé dans la corruption, la gabegie, la concussion, le vol, l’escroquerie avec son corollaire de gain facile. Bref, tout un arsenal de mauvaise réputation car les décideurs ont donné de mauvais exemples. Mauvais dans la gestion : 21 milliardaires, plus de 102 milliards de F CFA détournés des caisses de l’Etat entre 2004 et 2006.


Mauvais dans leurs comportements :
violation flagrante des actes fondamentaux de la République, non respect des décisions de justice. Enfin très mauvais dans la gestion de la crise scolaire. Nous réitérons cette citation si chère au fondateur du journal « Les Echos » : « nous nous battrons jusqu’au bout pour que Alpha puisse dire la vérité aux Maliens pourquoi avec lui l’alternance a été militaire ?

L’ancien président démocratiquement élu sort rarement de son palais de Titibougou. On pensait le voir aux funérailles du vieux Bakara Diallo, son oncle. Il s’est présenté très tôt le matin pour présenter ses condoléances et n’est plus revenu.


Selon certaines sources
, Alpha éviterait de rencontrer le général ATT (qui était présent aux cérémonies funèbres de Bakara DIALLO). Pourquoi ? Se reproche-t- il quelque chose ? Si notre démocratie devait finir de cette façon, les jeunes sont morts pour rien. Il ne reste plus qu’à déplacer le monument des Martyrs, à faire disparaître le Carré des Martyrs à Niaréla.

A l’an 20 du journal «Les Echos», le fondateur Alpha Oumar KONARE a brillé par son absence, toute chose qui a soulevé beaucoup

d’interrogations.

Brin COULIBALY

L’Inter de Bamako du 23 Mars 2009