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Les homosexuels sénégalais se croient-ils sous d’autres cieux, en France plus précisément pour oser se marier entre eux ? En tout cas, l’affaire dite du « mariage homosexuel » présumé, rapporté en début de ce mois par le mensuel people Icône, a provoqué une chaîne de réactions vives. En dénonçant une union « gay » symbolique célébrée, près de Dakar, le journal a donné l’occasion aux populations -toutes couches confondues- de lever le voile sur ce sujet jadis tabou alors que le phénomène gangrène la société sénégalaise.

Suite au dernier numéro du magazine people Icône, dénonçant un mariage gay de deux jeunes sénégalais, une enquête avait été ouverte après une plainte du directeur dudit magazine pour menaces de mort. C’est dire à quel point les pervers sont devenus importants et audacieux dans ce pays où l’homosexualité, officiellement interdite, est passible de un à cinq ans de prison.

Dans le cadre des investigations, sept personnes avaient été interpellées. Selon le quotidien national Le Soleil : « La plupart de ces individus, soupçonnés de s’adonner à la pratique homosexuelle interdite au Sénégal, ont été interpellés par les policiers dans une maison de rencontre qui pourrait faire office de maison close dans ce milieu« .


Histoire de travesti

Contre toute attente, les personnes placées en garde-à-vue -dont un certain Pape Mbaye notoirement reconnu dans les activités homosexuelles- ont été ensuite libérées sans charge. Ce qui a provoqué l’ire des groupes islamistes qui avaient décidé de faire une démonstration de force, à travers une grande marche couronnée par la remise d’une déclaration au Préfet de Dakar, représentant le ministre de l’Intérieur.

A quelques semaines du sommet de l’OCI, le Sénégal ne va naturellement pas s’embarrasser d’une telle manifestation, située aux antipodes de la notoriété affichée en termes de pratiques et de croyances islamiques. Pendant toute une semaine, les imams ont axé leur prône sur la dénonciation de l’homosexualité et ses ravages dans la société sénégalaise.

L’opinion étant donc préparée sous la houlette de l’imam politicien Mbaye Niang, la grande mosquée de Dakar avait affiché une surcharge le vendredi 17 février, à l’occasion du déferlement populaire prévu aussitôt après la prière rituelle.

La suite est donc connue: les fidèles massés dans la prière ont voulu sortir et marcher, bravant ainsi l’interdiction officielle. Ils ont été chargés et dispersés sans ménagement par les forces de sécurité.
La loi de l’omerta a favorisé le développement de l’homosexualité, considérée pendant longtemps comme un sujet tabou.

Tout le monde se rappelle, au Sénégal, l’histoire du travesti M. Kassé qui a plumé plusieurs personnalités qui, pour acheter son silence après être tombées dans son piège, l’arrosaient de liasses de billets de banque flambant neufs. Monsieur, Madame ou Mademoiselle M. Kassé – on ne sait plus trop quoi dire- avait délesté un des éminents experts du football continental de plus d’un million et demi de Fcfa.

La presse s’en était fait écho, mais personne n’avait levé le plus petit doigt. Aujourd’hui, les sénégalais en ont marre de voir ce genre de faits divers agresser leur quotidien dans les colonnes des journaux people qui en raffolent.


Bataille d’ONG

Ce simple fait divers a relancé au Sénégal la question de l’homosexualité qui fait le lit de batailles d’ONG. Le président de l’ONG islamique sénégalaise Jamra, Abdou Latif Guèye, a appelé à combattre l’homosexualité sans violence, en prenant le soin de préciser, selon le quotidien Le Soleil, que ses propos ne devaient pas être assimilés à « une compassion hypocrite ni une complaisance coupable envers une pratique abjecte condamnée irrémédiablement par la loi de Dieu et celles des hommes ».

En sens opposé, d’autres ONG exigent du pays une légalisation de l’homosexualité.
Le Conseil national d’Amnesty Sénégal, se sentant interpellé, a appelé, par la voix de son président Samba Guissé, tous les groupes locaux de la section sénégalaise de l’organisation de défense des droits de l’Homme à s’opposer à une campagne pour la légalisation de l’homosexualité au Sénégal. Dans un communiqué de presse publié lundi dernier à Dakar, M. Guissé invite les différents groupes à se désolidariser de la position de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) qui a appelé les autorités du Sénégal à « réviser le code pénal pour abolir la pénalisation des actes homosexuels ».

Saisi d’un magazine people

Jeudi dernier, 20 février, au moment où les esprits commençaient à s’apaiser pour se focaliser sur les préparatifs du sommet de l’OCI prévu les 13 et 14 mars prochain, l’embarrassant sujet de l’homosexualité refait brusquement surface : la justice sénégalaise a ordonné jeudi à l’hebdomadaire Week-end Magazine de retirer des kiosques un numéro après la plainte d’une styliste dont il a publié une photo en compagnie d’un homosexuel réputé. L’homosexuel en question n’est autre que le fameux Pape Mbaye précédemment interpellé par la police, suite à l’article du magazine Icône cité plus haut.

La décision a été rendue par le tribunal des référés, saisi d’une plainte de la styliste Oumou Kalsoum Ndiaye qui réclamait le retrait de la vente du numéro 39 de Week-end Magazine daté du 15-21 février, a expliqué à l’AFP Me Mbaye Jacques Ndiaye, un avocat de la styliste.

Selon lui, Mme Ndiaye a estimé que le magazine a « violé son droit à l’image » en publiant dans ce numéro une photo d’elle en compagnie de Pape Mbaye, un des rares Sénégalais revendiquant publiquement son homosexualité.

Cette photo figurait parmi les images illustrant un entretien accordé au magazine par M. Mbaye peu après sa libération de garde à vue dans le cadre d’une enquête sur un mariage homosexuel présumé.
« On a saisi le juge le (18 février). On a plaidé (mercredi) et il a rendu son jugement (jeudi). Il a ordonné le retrait » du numéro incriminé « de tous les kiosques« , a déclaré Me Mbaye Jacques Ndiaye. Cependant, le directeur de Week-end, le célèbre Madiambal Diagne, a interjeté appel à cette décision pendant que la photo circulait dans tous les coins et recoins du Sénégal.

La styliste Collé Ardo s’en mêle

Malgré tout ce ram dam, dans lequel les homosexuels sont déclarés indésirables, la styliste Collé Sow Ardo, affirme haut et fort qu’elle a des amis dans le milieu gay. Elle a fait cette sortie hier lors du lancement de la 4e édition du grand événement de mode «Sira Vision» qui aura lieu du 27 au 30 mars 2008. En réponse à la presse qui l’interrogeant sur les dispositions à prendre pour que l’événement ne soit pas dévalorisé par la présence des homosexuels, Collé a lâché: «Les homosexuels sont mes amis, je les adore. Dans notre métier, il y a des gens qui ont choisi d’être autrement. Je respecte le choix des gens. Je ne critique personne. L’essentiel est que chacun mène sa vie et réponde de ses actes demain».

Ce débat sur l’homosexualité est très gênant pour le Sénégal, en train de mettre les petits plats dans les grands dans le cadre de l’organisation du sommet de l’OCI qui se tiendra dans quelques jours.

Amadou Bamba Niang

IRAN : Ambiguïtés et contradictions dans le dossier nucléaire

Dans un rapport publié vendredi dernier, 22 février 2008, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a souligné « ne pas être en position de déterminer la véritable nature du programme nucléaire iranien ». Son directeur, Mohammed El Baradai, a fait état de « bons progrès » dans l’enquête sur le programme nucléaire controversé de l’Iran, tout en ajoutant que cela restait « toujours insuffisant« .

L’Agence Internationale pour l’Energie Atomique semble désormais s’embourber dans le dossier iranien où les contradictions se multiplient. En effet, dans ce nouveau rapport sur les activités nucléaires iraniennes, l’AIEA affirme constater que l’Iran a effectué des progrès, mais déplore, en contre partie, la poursuite des activités de la République islamique d’enrichissement d’uranium et le développement de nouveaux modèles de centrifugeuses.
Alors désorientée, l’est vraiment la coalition anti-iranienne qui est en train de pédaler depuis quelque temps dans le vide. A la diffusion du dernier rapport de l’AIEA les Etats-Unis se déclarent déçus et réitèrent leur intention de continuer à prôner de nouvelles sanctions internationales alors qu’une nouvelle réunion des six -les cinq membres du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l’Allemagne- est annoncée pour aujourd’hui à Washington.

Il faut souligner que la publication récente d’un rapport des services de renseignements américains éloignait la menace d’une confrontation militaire directe avec l’Iran. Malgré tout, les services secrets de Washington (CIA et NSA) et de Tel-Aviv (Mossad) maintiennent la pression sur ceux de Téhéran (VEVAK et Pasdaran)

Selon ce rapport américain du 03 décembre dernier, l’Iran dispose d’un programme nucléaire clandestin, mais l’a suspendu depuis 2003 et ne sera techniquement capable d’avoir la bombe atomique qu’entre 2010 et 2015. Cette phrase pourrait résumer le dernier National Intelligence Estimate (NIE), qui est un rapport des 16 agences américaines de renseignements, publié avec un degré élevé de confiance.

Le rapport a surpris tous les observateurs du dossier, qui rappellent tous que Georges Bush évoquait en octobre dernier une possible « troisième guerre mondiale » si l’Iran se dotait de la bombe. Quid alors des affirmations alarmistes de Georges Bush ? Faut-il rappeler qu’un NIE publié en octobre 2002, avait fourni l’argumentaire qui justifiait la guerre contre l’Irak : Saddam Hussein développait des armes de destructions massives. Tout le monde sait ce qu’il en a été après.

Autant de choses qui font jubiler les Iraniens car l’un de leurs parlementaires, considéré comme très influent, Allaedine Boroudjerdi, chef de la commission des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle Irna, a qualifié vendredi de « positif » le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur le programme nucléaire iranien, jugeant qu’il montrait « que l’ensemble des ambiguïtés à propos du programme nucléaire iranien (avaient) été réglées ».

COTE D’IVOIRE : rebondissement dans l’affaire du journaliste Kieffer assassiné

Sur commission rogatoire, deux juges français, Patrick Ramaël et Emmanuelle Ducos, appuyés par des enquêteurs de la gendarmerie, sont à Abidjan dans le cadre de l’enquête sur la disparition, en avril 2004, du journaliste correspondant de Courrier International, le franco-canadien Guy André Kieffer, qui aurait été assassiné.

Cela fait suite à l’incarcération, en octobre dernier en France, de Jean Tony Oulaï, ancien membre des services spéciaux ivoiriens, considéré aujourd’hui comme le suspect numéro 1 et mis en cause par son chauffeur Seydou Berté, un des témoins-clé dans cette affaire. Les deux juges français, arrivés en Côte d’Ivoire avec leur équipe d’experts, veulent interroger plusieurs « témoins » militaires locaux et plusieurs proches du suspect à Abidjan.

Les enquêteurs travaillent sur l’hypothèse d’un crime à mobile politique car c’est la piste la plus plausible pour expliquer l’enlèvement de Guy André Kieffer sur un parking d’Abidjan le 16 avril 2004. Au moment de sa disparition, le journaliste était en train de finaliser une enquête sur des malversations mettant en cause bon nombre de personnalités ivoiriennes, concernant la filière cacao.

En effet, Berté Seydou a affirmé, en procédure, que Guy André Kieffer avait été enlevé par un commando, emmené dans une première villa, puis transféré à la présidence ivoirienne pendant deux jours et deux nuits et enfin conduit à la « ferme aux volailles« , un lieu d’exécution secret, où il aurait été abattu par deux hommes en armes sur signal de Jean Tony Oulaï.

Le réchauffement de ce dossier a provoqué des querelles internes au sein de la police et de la magistrature françaises où certains cadres estimaient qu’il n’était pas opportun de d’entraver le processus de réchauffement diplomatique entre Paris et Abidjan, surtout que l’affaire Kieffer reste gênante pour l’entourage de Mme Simone Gbagbo dont le beau-frère, Michel Legré, a même été un moment emprisonné à Abidjan avant d’être libéré par la suite.


BURKINA FASO : Plusieurs arrestations après des émeutes à Bobo-Dioulasso

Bobo-Dioulasso a eu chaud les 20 et 21 février dernier, à l’occasion des manifestations violentes contre la vie chère au Burkina Faso. Il y a eu des casses et des destructions de biens publics, dont une jeep de la gendarmerie. Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Clément P. Sawadogo, et son collègue de la Sécurité, Assane Sawadogo, sont arrivés avec un message de soutien aux commerçants qui déplorent la situation.

Ils seront rejoints plus tard par leur collègue de l’Economie et des Finances, Jean- Baptiste Compaoré. Et c’est ensemble qu’ils auront des entretiens dans l’après-midi avec les commerçants de la ville, dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Les deux journées de contestation ont débuté avec des manifestations de commerçants de la ville. Mais la journée du 21 a été plus violente car les manifestants ont ajouté à leurs revendications l’exigence de la libération de leurs camarades arrêtés par la police la veille. Les manifestants ont commis beaucoup d’actes de vandalisme, saccageant au passage une jeep de la gendarmerie.

Il y a eu certes des dégâts matériels et des blessés, mais aucun mort n’a été enregistré. Malgré l’accalmie, la justice se déploie et les arrestations se poursuivent. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées pour les besoins de l’enquête, a-t-on appris de plusieurs sources.

A.B.N.

25 février 2008.