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L’échangeur des 300 logements a rappelé samedi dernier sa sinistre situation. En effet, pour les Bamakois, c’est le segment de la mort. Cette funeste réputation était largement méritée tant les victimes se multipliaient sur la portion de l’Avenue de la CEDEAO située aux alentours de l’échangeur des 300 logements.

Les riverains étaient d’ailleurs d’avis que cette voie était hantée par des esprits malfaisants. Certains habitants de Quartier Mali allèrent plus loin. Ils firent campagne pour qu’il soit procédé à des sacrifices susceptibles de conjurer le mauvais esprit qui régnait sur cette route si meurtrière.

L’idée n’était pas mauvaise. Même si les autorités préférèrent un palliatif plus terre à terre. Elles firent construire une passerelle pour piétons (la première dans notre capitale) qui enjambait la voie de tous les risques.

Mais incorrigibles comme eux seuls savent l’être, les Bamakois, en dépit de leurs lamentations sur les accidents, préfèrent encore aujourd’hui prendre des risques incroyables pour traverser en courant les deux voies au trafic intense plutôt que d’emprunter un passage parfaitement sécurisé.

Néanmoins on a pu constater que sous l’échangeur des 300 logements les accidents sont moins fréquents ces derniers temps qu’au début de la mise en exploitation de cette voie express. Les opérations de sensibilisation auraient-elles eu l’impact souhaité par les autorités ? La réponse à cette question est encore à réserver.

En effet, l’accident du samedi dernier vient rappeler aux automobilistes si besoin en est qu’ils doivent rester sur leurs gardes et se dire que la sécurité de tous se construit sur la prudence de chacun. Car c’est un drame d’une intensité particulière qui s’est produit le week-end passé.

Il est survenu le samedi dernier aux environs de 11 heures sous l’échangeur des 300 logements. Le bilan est très lourd : deux personnes tuées sur le coup et huit blessés dont un grave.

Selon le commissaire Amara Doumbia, chef de la section voie publique au 4è Arrondissement, l’accident qui a comporté une double séquence a été provoqué par deux gros porteurs. L’un des camions transportait des engrais, et le second du charbon. Le camion à la cargaison de charbon avait lors de la descente de la pente de l’hôtel Olympe heurté une voiture de marque Mercedes.

Le choc fut si violent que l’automobile percutée s’en alla à son tour heurter les véhicules devant elle, déclenchant un mini-carambolage. L’émotion déclenchée par cet accident se calmait à peine que survint le deuxième drame une quinzaine de minutes plus tard.

Le camion transportant des engrais chimiques dévalait la même pente et avait pris de la vitesse pour doubler le véhicule qui se trouvait devant lui. Mais à peine le conducteur eut-il amorcé cette manœuvre qu’il tomba sur l’amas de voitures victimes du premier accrochage. Il tenta désespérément de s’arrêter, mais fut trahi par ses freins qui lâchèrent brutalement.

Ce coup du sort affola littéralement le chauffeur qui perdit totalement le contrôle de son mastodonte. Le poids lourd vint rebondir sur le rebord du terre-plein et s’affaissa sur le flanc dans un fracas assourdissant. Dans sa chute, il emporta deux jeunes gens chacun sur une moto de marque Jakarta. Ils ont été tués sur le coup.

L’un des jeunes gens transportait sa mère. Il est parmi les morts et sa mère est l’une des huit personnes blessées. Elle s’en était sortie avec une fracture à la jambe. Seize véhicules et cinq motos ont été directement ou indirectement impliqués dans l’accident à double détente.

G. A. DICKO

L’Essor du 04 mars 2008.