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Le Secrétaire général du Syndicat national de l’éducation et de la culture (SNEC) face à la presse : «Nous demandons aux autorités de prendre des mesures vigoureuses pour faire face au désastre du Nord»

Depuis le coup d’État du 22 mars et l’occupation de 66% du territoire national, notre pays vit des moments difficiles de son histoire. Qu’est-ce que le Mali perd chaque jour ? Quelle sera l’échelle de son recul sur les plans économique, social et culturel ? Ce sont là des inquiétudes que le SNEC a partagées avec les hommes de médias lors d’un point de presse qui s’est tenu le jeudi 19 avril.
Le Syndicat national de l’éducation et de la culture (SNEC) est, enfin, sorti de son silence.

En effet, ses responsables ont animé le jeudi 19 avril à la Bourse du Travail, une conférence de presse dont l’objectif était de partager leurs inquiétudes relatives à l’occupation de 66% du territoire malien par les rebelles touaregs et les bandits armés. Selon le Secrétaire général du SNEC, Tibou Telly, le Mali vit des moments difficiles de son histoire. « Nous demandons aux autorités compétentes et à l’opinion publique nationale de prendre des mesures vigoureuses immédiates permettant de faire face au désastre du Nord » a-t-il lancé.

L’orateur de marteler que « l’administration est paralysée sur les 2/3 du pays où le personnel a pris le chemin de l’exode laissant derrière lui bâtiments, outils de travail qui ont été pillés par les assaillants. C’est une situation qui nous expose à de graves incertitudes.

« Selon Tibou Telly, tous les secteurs d’activités, de la jeunesse à l’éducation en passant par le sport, la culture, l’artisanat et le tourisme sont en arrêt total. Le Secrétaire général du SNEC d’exprimer son inquiétude : » Dans certaines branches, d’inévitables licenciements des travailleurs seront annoncés, de milliers d’élèves en exil forcé ne subiront pas les épreuves des examens de fin d’année. Ce sera pour eux le calvaire de l’année blanche ou de la désolation ».

Développant ses idées, Tibou Telly a affirmé que dans ces zones mornes où la désolation et la précarité s’installent dans un confort insolant, le personnel enseignant inaugure déjà une période cruciale. Et cela à travers des retards cuisants dans le paiement de leur salaire.

Et pis, le syndicaliste a tenu à signaler que c’est sur les 66% du territoire national que l’école n’existe plus. Il trouve cela attentatoire par rapport aux droits des enfants. Car, selon lui, la majeure partie de ces élèves ne participeront pas aux examens de fin d’année. » Cela n’est pas acceptable et nous sommes entrain d’examiner les propositions du ministère de l’Education que nous trouvons très timides par rapport à la situation que nous vivions aujourd’hui » a-t-il fait savoir.

Par rapport aux enlèvements des personnalités, le SNEC dénonce et demande la libération pure et simple des détenus. » Il ne faut pas donner le sentiment que nous sommes dans deux Républiques. A l’heure où nous sommes, ces pratiques qui relèvent d’une autre époque doivent cesser ».

Ramata TEMBELY

20 Avril 2012