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Le parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI) a animé à son siège un point de presse mercredi le 28juin 2017. La conférence à laquelle les journalistes ont répondu massivement portait sur la révision constitutionnelle entreprise par le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).
D’entrée de jeu, le secrétaire politique du parti, Nouhoum Keïta, a souhaité à l’assistance la bienvenue et la bonne écoute vu l’importance du thème choisi. Il a rappelé la nécessité de mener des débats francs et constructifs sur le projet de révision de la Constitution de Ibrahima Boubacar Keïta car là se joue actuellement la vie de la nation. A la droite du conférencier Dr Oumar Mariko, député à l’Assemblée nationale, il y avait le secrétaire à l’organisation du Parti Sadi, M. Dora Cheick Diarra.

Pendant deux bonnes heures, le combattant de la liberté révolutionnaire a passé au peigne fin les différents contenus du projet d’amendement de la Constitution de 1992 qui coûte de plus en plus à notre peuple et aux hommes de l’écriture quantité considérable d’encre et de salive.

Prenant la parole, le conférencier Oumar Mariko a remercié les nombreux journalistes venus répondre à l’appel de son parti. Le Parti Sadi, a-t-il martelé, est membre de la Plateforme de l’opposition au projet de révision de la Constitution que le président IBK avait envisagé de soumettre à l’approbation du peuple, le 9 juillet 2017.

Pour Mariko, parlant au nom du Parti Sadi, le Mali n’a que faire de cette révision constitutionnelle à un moment où notre pays plonge dans une crise généralisée et cela de tous les secteurs. Ainsi, il a demandé à l’assistance une minute de silence à la mémoire des victimes des affrontements intercommunautaires que le Mali connaît depuis un certain temps. Les derniers drames en date se sont produit il y a bientôt dix jours entre les communautés Peul et Dogon (33 morts et des dizaines de blessés).
Par rapport à ces violences intercommunautaires, le conférencier n’a pas usé de la langue de bois, pointant la lourde responsabilité du président IBK et de son gouvernement dans ces calamités intercommunautaires dont le Mali n’a nullement besoin.

S’agissant du projet d’amendement de la Constitution qui est bien loin d’avoir l’assentiment des masses laborieuses de notre pays, l’honorable Mariko a dit et répété: IBK doit retirer purement et simplement son projet qui ne fait pas l’affaire du peuple travailleur du Mali. Il a saisi l’occasion pour féliciter les Maliens pour leur mobilisation patriotique pour barrer la route au projet totalement désapprouvé par le peuple.

Aussi, a-t-il mis un accent particulier sur la mobilisation de la diaspora malienne où qu’elle se trouve pour dire à IBK d’épargner des lendemains dangereux et fâcheux. Sous le regard attentif de l’assistance, Mariko a dit que ce peuple ne veut plus de l’Etat qui nous gouverne depuis vingt-cinq (25) ans (1992-2017).

Il faut un changement radical car le Mali n’a que trop souffert de la mauvaise gouvernance depuis la chute de Moussa Traoré. Pour ce faire, il faut un éveil profond de conscience populaire. Aux militants, sympathisants et responsables du Parti Sadi, Oumar Mariko a lancé un appel à mener le combat sans merci pour qu’enfin ça change.

L’insécurité, n’a pas été mise entre parenthèses par l’honorable député, élu à Kolondiéba. Il a fait cas de l’insécurité résiduelle dans bien de villages du Mali. Cette insécurité se marie avec l’injustice dont certains représentants de l’Etat se rendent coupables aux dépens de nos paisibles populations. Cet état de fait n’a que trop duré dans notre pays.

Mariko rappelle par ailleurs que Amadou Toumani Touré (ATT) a emballé la presque totalité de la classe politique malienne pour la réalisation de son Sénat.

En substance, il a dit que le président IBK a voté, en 2011, le projet de modification de la Constitution en vue d’instituer le bicaméralisme qui consiste à créer une deuxième Assemblée qui n’est autre que son fameux Sénat.

A en croire le conférencier, IBK a dit que par patriotisme il n’aurait pas dû ce projet de ATT. Mais qu’il l’a fait par loyauté au président. La lecture qu’il convient de faire de cette attitude de IBK c’est qu’il lui importait d’être loyal vis-à-vis du président ATT et non au peuple malien qui l’a élu député. C’est aussi cela la politique au Mali !

Dr Mariko a ensuite expliqué que le référendum viole la Constitution du Mali qui dit que le peuple ne peut-être appelé aux urnes pendant que des Maliens sont dans l’impossibilité de se rendre à leurs lieux de vote pour fait d’insécurité.

Prenant l’exemple sur Soundiata Keïta, Mariko a rappelé que celui-ci a d’abord réussi le travail de pacification de son royaume avant d’organiser les concertations qui se sont soldées par l’élaboration de l’historique «Charte de Kurukanfuga», une charte qui fait date dans l’histoire de l’organisation politique des Etats en Afrique et partout dans le monde.

Les autorités de la République auraient mieux servi le Mali en tirant des leçons du processus de réalisation de cette charte. M. Oumar Mariko a conclu son intervention en ces termes: le Pari Sadi s’inscrit en droite ligne dans le rejet de la nouvelle Constitution que propose le président IBK.
Sur l’intelligibilité du référendum, le conférencier se demande si les sages ont été sages en prenant la décision d’autoriser ledit référendum. Il a tenu à rassurer que son parti ne sera jamais la marionnette de qui que ce soit. Par cette occasion, Mariko a affirmé que le pouvoir de IBK et la Plateforme de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) sont gérés par la communauté internationale.

Aussi, a-t-il souligné, le Parti Sadi n’a jamais dit oui à l’accord d’Alger. Un confrère demandant si le Parti Sadi va laisser en l’état la Constitution de 1992 s’il parvenait aux affaires, Mariko a dit qu’ils changeront la Constitution mais seulement dans l’intérêt supérieur de notre peuple travailleur.
Enfin, s’agissant de IBK, le président du Parti Sadi que celui-là est disqualifié pour sortir le Mali de son impasse. Comme pour dire que le pouvoir de IBK n’est pas crédible.

Le Parti Sadi propose à IBK quatre (04) solutions pour sortir le Mali de l’impasse :
1. Retirer purement et simplement son projet de Constitution.
2. Ne pas être candidat en 2018.
3. Ne pas proposer de candidat en 2018.
4. Travailler à doter les Maliens de la carte Nina. Tous les Maliens en être détenteurs. Ainsi, il travaillera pour de vraies élections.
A cette seule condition, IBK sortira par la grande porte.

Fodé KEITA

Du 03 Juillet 2017