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Une bonne partie de l’entretien a porté sur les états d’âme du parti du tisserand au sujet de la gestion actuelle du pouvoir. De nombreuses doléances ont été en effet déposées par IBK et ses amis sur la table de ATT.

Selon les indiscrétions recueillies sur cette rencontre, le RPM, contrairement à ses prédécesseurs à Koulouba (Adéma, URD, CNID, MPR), a surtout focalisé les débats sur ses propres revendications alors qu’il avait été invité par le chef de l’État à débattre sur des questions d’intérêt national : l’école, la situation alimentaire et sécuritaire du pays ainsi que l’évolution de la situation sicio-politique et économique du pays.

Durant une bonne partie de l’entretien, les membres de la direction du RPM ont plutôt prêché pour leur propre chapelle. Ils ont surtout mis en avant les rapports entre le Président Amadou Toumani Touré et leur parti. C’est ainsi qu’ils ont, entre autres, évoqué le sort des cadres du RPM dans l’administration centrale et du «peu de considération» que le Président ATT et une partie de son entourage ont, selon eux, à l’égard du rassemblement pour le Mali.

IBK à ATT : ce que le RPM veut …

D’entrée de jeu, le Président ATT a tenu à préciser aux délégués du RPM qu’aucun sujet n’était tabou et qu’il fallait discuter de ceux (sujets) liés à la situation actuelle du pays.

Ensuite, le président du RPM et non moins président de l’Assemblée nationale du Mali, Ibrahim Boubacar Kéïta, dans une longue intervention qui a duré une bonne vingtaine de minutes, saluera d’abord l’initiative du Président de la République de rencontrer son parti. Il a ensuite indiqué que cette rencontre était longtemps attendue par le RPM.

Au Président ATT, IBK dira que depuis 2002 le soutien de son parti n’a pas varié. Cependant, constata-t-il, le RPM est peiné. IBK poursuivra «notre soutien n’est pas alimentaire mais patriotique. Nous ne sommes ni des courtisans, ni des opportunistes. Nous vous soutenons parce que nous voulons un ancrage démocratique au Mali». Autre remarque de Ibrahim Boubacar Kéïta : «On veut nous pousser dans une opposition qui n’a pas de sens. L’essentiel est que vous et nous, nous nous comprenions».

Après ces remarques préliminaires, IBK soumettra quelques doléances au Président ATT. Le RPM, dira-t-il, demande qu’il soit considéré à «hauteur de justice». Allusion faite à son poids électoral. Parlant des cadres de son parti, il sollicite du Président ATT «un traitement juste».

Il a par ailleurs apprécié la position du président au sujet de la bataille du coton. Position qu’il a d’ailleurs qualifié de «combat patriotique». Quant à la crise scolaire actuelle qui paralyse le bon fonctionnement de l’école malienne, IBK souhaite qu’il faut vite trouver une solution. Il a indiqué au Président ATT que son parti a mis en place une commission d’experts qui soumettra très prochainement des propositions. «Qui peut le plus doit le plus. Monsieur le président, faite quelque chose pour nous» a martelé le président du rassemblement pour le Mali , en guise de conclusion de son intervention.

Après lui, membres de la délégation RPM ont aussi fait entendre leur voix.
Il s’agit de l’ancien Ministre de la Santé Mme Kéïta Rokiatou N’diaye qui a demandé au Président ATT de créer une majorité présidentielle constituée par les partis qui étaient avec le candidat ATT au 1er et 2e tour de l’élection présidentielle de 2002. Selon elle, cette majorité doit servir de bouclier au Président jusqu’en 2007. Pour elle, si le consensus avait tout son sens en 2002, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

De l’avis de l’actuel ministre de l’environnement, Nancoma Kéïta, il y a un manque de relais entre le Président ATT et les populations pour mieux leur expliquer les actes posés. Une remarque rejetée par son président.

Quant au secrétaire général du parti, Bocar Téréta, le Président ATT doit prendre en compte les propositions des partis dans la formulation des programmes du gouvernement.

La boucle sera bouclée par Bakary Konimba Traoré dit Bakary pionnier qui, laconiquement, lança : «nous sommes en démocratie, il faut simplement que les principes démocratiques respectés». L’allusion est cependant claire !

ATT à IBK

Le Président de la République dira à ses hôtes du jour qu’il a engagé ces concertations avec la classe politique sans arrière pensée. «L’essentiel pour moi, dira-t-il, est de sortir le pays des problèmes actuels». En guise de conclusion, : «je me rends compte que la gestion consensuelle est plus difficile qu’une majorité écrasante».
Clair, non ?

Birama Fall
C.H. Sylla – 9 Mars 2005