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Le patinage à roulette est un sport de divertissement pour bon nombre de jeunes bamakois. Ils sont nombreux à épater leur public sur le goudron au milieu des voitures, dans les rues ou sur l’esplanade des terrains pour supporter leurs équipes. Ce sport constitue également un moyen de gagne-pain pour la couche juvénile.

Dans la capitale malienne, difficile de parcourir un grand kilomètre sans tomber sur les jeunes patineurs. Au passage déjà, ils captent l’attention des passagers se trouvant dans une voiture, les piétons et même les vendeurs ambulants à travers leurs manies de se déplacer et de se faufiler entre lesengins, juste spectaculaire! 

Amiza Le sorcier et son groupe résident à Hamadallaye ACI 2000. Chaque week-end, vers le petit soir, ils patinent sur le goudron pour entre les voitures. Ils sont suivis par un caméraman. La scène est donc filmée pour les absents. < Nous faisons ce sport parce nous l’aimons et nous voulons émerveiller les gens. Nous allons supporter nos équipes du quartier également. En un mot, c’est juste pour le plaisir et le divertissement> dixit Amiza le sorcier. 

Cependant, patiner juste pour épater ou divertir le public n’est pas une priorité pour Salif Damé et son équipe. Une chose est d’émerveiller les gens, une autre est de se faire de l’argent. C’est dans cette logique que s’inscrit le jeune Salif Damé. Avec son groupe, ils sont sollicités pour distribuer les affiches publicitaires des grands festivals, faire campagne pour un candidat X durant les différentes élections ou faire la publicité d’une entreprise. < C’est à cause de la Covid-19 sinon, nous gagnons notre vie avec la publicité des festivals, en faisant des campagnes de sensibilisation avec certaines Organisations Non Gouvernementales (ONG) et pour des politiciens. En moyenne, durant la journée, chaque membre de mon équipe est rémunéré à 3000 F CFA par jour> a-t-il déclaré. 

Un service bien fait, moins cher et une audience gagnée

Le service de ces jeunes amoureux des patins à roulettes est bien apprécié par les potentiels clients. Motif: ils touchent plus de cibles par rapport aux panneaux publicitaires et le coût est moins élevé. < Ces jeunes accomplissent avec efficacité le boulot qui leur sont confiés. En plus, au lieu de louer un panneau publicitaire à une somme colossale, je préfère investir en eux avec une somme peu pour un travail de taille> a affirmé Bachi Hamed, un client. 

Un sport à risque

Ces jeunes mènent généralement leurs activités sur les goudrons de la ville pour être plus vus. Or, cette manière de travailler ou de divertir n’est pas sans risque selon certains leaders de groupe. De prime abord, ils ont toujours des problèmes à régler avec la police qui trouve que ce jeu est strictement interdit sur les voies publiques. < Les policiers nous fatiguent à chaque fois. Ils nous chassent des voies quand ils nous voient patiner. Même quand nous distribuons des affiches, ils ne comprennent pas> a déclaré Yous Rous, un jeune amoureux des patins.

En outre, il y’a des risques de se faire percuter par un véhicule dans la circulation. < Je ne le souhaite pas, mais nous avons 80 % de chance de nous faire percuter par un véhicule. > a ajouté le jeune homme.

Enfin, les petites disputes avec les chauffeurs dans la circulation qui jugent qu’ils créent un embouteillage inutile. < Ces jeunes jouent avec leurs vies en s’adonnant à cette pratique. En plus, ils nous bloquent le passage quand ils s’arrêtent pour distribuer leurs affiches> déplore Madou Bah, un jeune chauffeur. 

Ces jeunes font fils entre vivre leur passion, vivre de leur passion. De ce fait, ils implorent la clémence des autorités en leur venant en aide dans ce secteur. En clair, ils visent une collaboration plus fluide entre eux et les policiers de la circulation.

Adama Sanogo

@Afribone