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Presque le dernier des Mohicans et un son ultime combat ? Blaise Compaoré a surmonté, au cours de sa leadership chahuté des épreuves dont le quart aurait renversé la plupart des régimes de la sous-région. Mais la partie qui s’ouvre n’est pas pareille.

Ce pourrait même être non une épreuve de plus mais l’épreuve de trop. Qui plus est, il s’agit par le Sénat –donc institué à cet effet, comme le subodoraient déjà les opposants du beau Blaise, il y a quelques années- de lever l’article 37 qui consacre l’alternance constitutionnelle. Dans une région avertie par les conséquences à la fois nationales et régionales de la mauvaise gouvernance : dans un passé récent, Sierra Leone, Libéria, Côte d’Ivoire, Mali, Niger. Et sous les yeux des gendarmes de l’orthodoxie que sont Hollande et Obama et les coopérations scandinave et néerlandaise moins spectaculaires mais très efficaces et utiles par le montant de leurs financements.

Sans compter la résistance intérieure au Burkina Faso lui-même et qui a mobilisé, dans un coup d’essai, un monde qui vaut avertissement. Le Burkina va-t-il sombrer à son tour ? Nul ne doit le souhaiter. Il est l’un des rares havres de paix et de stabilité de la sous-région et Compaoré n’est pas étranger à ce grand atout. Il ne peut pas sacrifier cette réussite sur l’autel de l’ambition personnelle. Et ce qu’il redoute n’est certainement pas les mouvements de son opposition mais le blocus des grands de ce monde.

Le Président Compaoré, n’a rien dit lui-même. Ni qu’il fera déverrouiller ni qu’il s’en ira au terme de ce mandat. C’est normal : il se ménage alors une porte de sortie. Mais ses proches ont donné le ton et toute l’inquiétude est là. Même si l’Afrique est à un peu moins de la dizaine de déverrouillages constitutionnels. Et même si le temps est peut-être venu de réévaluer le dispositif de la limitation des mandats, un héritage querellé des vents d’Est, cette brise des années 1990 transformées en cyclone deux décennies plus tard.

Adam Thiam

Le Républicain du 21 Janvier 2014