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Sorti de prison, il y a à peine deux mois, pour avoir tenté d’escroquer Mme l’Epervier du Mandé, Seydou Koudougou s’est fait cravaté une deuxième fois par le super flic. Cette fois, sa victime est une jeune dame. Celle-ci était seulement de passage, quand elle avait été piégée puis escroquée par Seydou et son complice.

jpg_v2-2.jpgll y a à peine deux mois, Seydou Koudougou, 33 ans, domicilié à Sénou avait poussé son audace jusqu’à aller tenter d’escroquer la femme de l’inspecteur principal, Papa Mambi Kéita dans sa propre maison. Une façon de défier le super flic de Bamako.

L’aventure a tourné court puisque la dame a vite fait d’alerter son policier de mari. Ce jour, contre toute attente, Koudougou avait été cueilli alors qu’il savourait une bouteille de coca cola dans le salon de l’Epervier du Mandé.

Cette fois-ci, c’est une certaine A Konaté, qui a eu la malchance de croiser Koudougou sur son chemin. La jeune étudiante chevauchait sa moto Jakarta au niveau de l’Hippodrome quand Koudougou l’avait stoppée avant de se présenter comme étant le fils du grand marabout de Djenné. Il était à la recherche du domicile de ce dernier et suppliait la jeune dame de l’aider à le retrouver. Ils étaient encore là quand son complice vint à passer.

Koudougou avait tout de suite demandé à la jeune dame de l’aider. Celle-ci a interpellé le passant qui ne s’est pas fait prier. Il connaît dit-il, le marabout en question et allait accompagner Koudougou chez ce dernier.

Brusquement Koudougou interpella le soi-disant passant pour lui demander s’il n’avait pas deux frères et si sa femme dont la grossesse est à terme se trouvait présentement à l’hôpital.

Son complice, feignant l’étonnement, lui demanda comment il savait tout çà. « Je vais de ce pas, rendre visite à ma femme » assura t-il. Pour remercier la jeune dame il récita quelques verset du Coran avant de s’écrier: « ma sœur, tu as la chance de me croiser sur ton chemin.

jpg_v-2.jpgTu as de fréquents maux de ventre, une maladie causée par ta tante. Tu n’as plus que deux jours à vivre à moins que je fasse quelque chose pour toi ». La jeune fille fut prise de peur et se mit à trembler de tout son corps.

Koudougou demanda alors à la jeune dame de laisser sa moto et son portable et de courir vite chez elle pour lui apporter tous les bijoux de sa maman. A Konaté s’exécuta docilement. Après lui avoir remis tous les bijoux de sa maman, Koudougou la renvoya chercher une bouteille d’eau tirée d’un puits. Avant que A Konaté ne revienne, les escrocs avaient déjà disparu. Elle rentra enfin, à la maison raconter sa mésaventure à sa maman qui sans perdre de temps, saisit aussitôt l’Epervier du Mandé.

Le tour qu’un escroc avait voulu jouer à sa femme étant encore très frais dans sa mémoire, quand on fit la description du malfrat au chef de la Brigade de recherches du troisième Arrondissement, celui-ci se souvint de Koudougou. Il présenta la photo du malfrat à la jeune dame qui affirma que c’était bien la personne qui venait de l’escroquer.

L’Epervier du Mandé se lança alors à la recherche de Koudougou. Le samedi 3 janvier, il réussit enfin à le cravater à Senou. Le malfrat était au guidon d’une moto Jakarta d’une autre victime. Au poste de police, Koudougou a reconnu les faits. Seulement il avait déjà vendu les bijoux et la moto de la fille.

Pierre Fo’o MEDJO

L’Indépendant du 07 Janvier 2009