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Dans les royaumes nous assistons à la succession des fils à leurs pères au trône et nous n’en faisons pas un problème car c’est écrit, le pouvoir appartient au Roi et se transmet de père en fils.

Dans la démocratie moderne, la transmission du pouvoir se fait par suffrage universel.

Au Mali nous assistons malheureusement à une nouvelle forme d’exercice du pouvoir, celle par la famille au détriment du jeu démocratique.

Pendant les campagnes électorales présidentielles, qui pouvait résister devant le charme du slogan « le Mali d’abord, pour le bonheur des maliens », tant il était porteur d’espoir, surtout de changement positif? Mais hélas… patatra.

Lors de sa toute première allocution médiatique après son élection à la magistrature suprême du pays, IBK disait « le Mali ne sera pas un gâteau à partager ». En effet, il a tenu promesse car, en tout cas jusqu’ici, le Mali n’est pas un gâteau à partager, pardon même si c’est à partager pas entre tous les maliens, tout simplement le partage est limité à la famille présidentielle. Cependant, ça peut être un hasard consécutif à un extraordinaire concours de circonstance dû à un manque de cadre au Mali en dehors de cette famille.

Voici la famille en question, le Président de la République est le Chef, sa femme est la sous chef, le père de la femme de son fils, Président de l’Assemblée Nationale vient en troisième position, il est suivi par son beau fils qui est le propre fils du Président de la République, élu député en Commune II, qui, selon une source digne de foi, vise la questure de l’Institution. A l’arrière-garde, on retrouve le beau frère de sa femme, le Ministre du Travail et des Affaires Sociales et Humanitaires qui est le mari d’une sœur cadette de Madame la première Dame, dont le fiston d’une autre sœur cadette est le Ministre de la Promotion des Investissement. Viennent ensuite les héritiers collatéraux, le Ministre de la Communication est un voisin de la famille paternelle de toujours Madame la Première Dame. Un ami de longue date du Président est Secrétaire Général de la Présidence, dont la femme vient d’être élue également député à Youwarou.

En regardant le starting bloc de la succession, on se rend compte que le pouvoir est parti pour durer longtemps dans le cercle de la famille honorable.

Pour se faire une idée, il suffit de se souvenir du succès qu’a eu la fameuse règle de l’ INTERIM avec ses répercussions au Mali pendant la transition.

En effet, voici les différentes hypothèses : si IBK laisse le pouvoir, l’intérim reviendra au beau père du fiston en sa qualité de Président de l’Assemblée Nationale, si celui-là le laisse, l’intérim reviendra à son beau fils (Karim), qui aura entre temps récupéré le perchoir par intérim, si d’aventure la première vice Présidence de l’Hémicycle lui était revenue. Qui pourrait s’y opposer ?

Entre temps, les autres se seraient bien préparés pour garder les arrières.

Pour la petite histoire, on a pu remarquer la présence de tous les membres de la famille royale chez les rois et princes du Qatar.

Cependant, y a-t-il une lueur d’espoir ? L’entourage de la famille nous a fait croire que Karim n’a pu candidater à la députation qu’à la faveur du déplacement d’IBK à New York, qui s’y était catégoriquement opposé. Comme cet argument leur semble avoir raison de notre naïveté, il nous fait croire encore que l’élection d’Issiaka SIDIBE au Perchoir n’a pu se réaliser qu’à la faveur d’un autre déplacement du Chef à Doha, dont le choix était

l’Honorable Abdramane NIANG. Il faut le vivre pour y croire.

Puisque c’est le seul moyen d’espérer, il faut l’y croire. Mais au-delà, le vrai motif d’espoir est que le Sénégal voisin et frère nous a montré que le fait n’est pas en soi une entrave au bon exercice du pouvoir.

En effet, l’actuelle Première ministre, Aminata TOURE, qui fut Ministre de la Justice a remplacé à ce poste M. SARR, qui n’est autre que le père de son unique fille. Pourtant ce lien n’a pas empêché Aminata TOURE à montrer régulièrement la porte des prisons à son ex. pour sa gestion.

Espérons vivement qu’il en soit ainsi au Mali.

M.D

Le Pays du 28 Janvier 2014