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La démocratie, définie par la jeunesse de l’ex parti unique, est la fille du consensus national. Si tel est le cas, cela suppose le respect scrupuleux des instruments juridiques de la République, plus de justice, plus d’égalité. Le cadre intellectuel qu’il faut au poste qu’il mérite. Tare de notre consensus, source de tous nos maux, l’inégalité est si excessive dans la promotion des cadres, elle fait des frustrés. Les démocrates (s’il en existe encore) se doivent d’en souhaiter la réduction.

Pour avoir manqué à cette obligation, Soumaïla Cissé, candidat de l’ADEMA, perdit l’élection présidentielle en 2002. Pour avoir promis de réparer les exclusions, ATT fut porté au pouvoir. Mais hélas ! La revendication d’égalité devient aujourd’hui presque une nécessité.

C’est une confiscation des postes administratifs par une élite de cadres, copains qui rodent autour du chef qui ne veulent pas voir d’autres émerger. Bientôt plus d’une décennie, ce sont toujours les mêmes intellectuels, cadres, leurs familles et alliés qui détiennent les postes juteux et stratégiques du Mali.

Du coup, ils ont transformé notre pays en un business-center sur fond de bradage du patrimoine national. Tout a été cédé à vil prix à des étrangers ou à des cadres délinquants financiers qui ont racheté les sociétés qu’ils ont mis en faillite.

Or, on ne bouffe qu’une seule fois l’héritage paternel. Bamako, à l’instar des autres villes où excitaient des usines ont fini par être fermées ou cédées. Ces villes sont silencieuses. Silence dû au chômage forcé, à la pauvreté grandissante, à la famine et à la courte maladie qui tue.

Notre condition de vie est de plus en plus segmentée, balkanisée sous la pression de l’évolution des structures économiques. La segmentation des cadres et des structures du travail font que l’administration est devenue un centre d’affaires.

Le Mali demeure le seul pays Ouest africain à ne pas avoir d’industrie. Les sociétés portent toutes la marque Anonymes (Sa) (SONATAM, RCFM, CMDT), avec de petites actions de l’Etat.

Notre peuple ‘’analphabète » où chacun se sent l’âme d’un intellectuel, qui a déjà vu de nombreux présidents se faire et être défaits, et en a retiré un solide pragmatisme devant les difficultés.

L’art de la discussion, de l’analyse, du commentaire, est arrivé à un haut degré de perfection. Mais attention ! Personne n’est à l’abri des quolibets. Celui qu’on appelait ‘’l’homme du changement » lors de son arrivée au pouvoir sait que les ‘’grins de thé » le jugeront.

Cela est normal, et les Maliens sont pressés de voir le changement.

Amy Sanogo

22 octobre 2007.