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Les militants du Mouvement citoyen sont certes moins nombreux mais ses porte-parole donnent aujourd’hui davantage de la voix. Ils défendent avant tout le monde des affaires et la libre entreprise et leurs symboles tant négatifs que positifs sont aussi abondants qu’imagés.

Ils défendent par le biais de bribes distillés dans la presse, le troisième mandat du général Amadou Toumani Touré. Or le retour de ce dernier sur la scène politique n’a été qu’un pur truquage des voix entre Alpha et lui.

Aujourd’hui, la situation économique de notre pays est délétère. Classé 175è sur 177 pays pauvres par le Programme des Nations Unies (PNUD) dans son rapport sur le développement en 2005, le Mali vit encore grâce à l’aide des partenaires au développement.

Atteint par le virus de la mauvaise gouvernance causé par les cadres véreux de l’administration publique, notre pays est à la traîne dans la sous région.

La démocratie a été une occasion inespérée pour les démocrates sincères et patriotes convaincus de procéder à un pillage éhonté de la chose publique et d’avoir une mainmise sur les ressources. C’est ainsi que le foncier a été le point de départ de cette OPA par les princes du jour.

Pour montrer leur appétit pour le foncier, ils ont crée l’Agence de cession immobilière (ACI) en 1994. Elle s’empara d’un coup de l’ancien site de l’aéroport d’Hamdallaye en le morcelant en parcelles d’habitation ou commerciale.

Ce fut aussi le point de départ de la grande spéculation foncière dans le district de Bamako où tous les édiles ont été soit en prison ou soit suspendus. Malgré les multiples procès sur le foncier, la pratique continue son chemin.

Le deuxième phénomène des démocrates qui a pris un intérêt particulier chez les Maliens, c’est le vol de la chose publique. Le gaspillage de l’argent du contribuable (11 millions pour achat de thé en un seul jour) et le détournement de l’argent de l’Etat (10 milliards de F CFA détournés des caisses de l’ACI par Boubacar Haïdara en fuite).

Le dernier phénomène à la mode est la mise en location des services administratifs. Un fait délibéré qui coûte à l’Etat 1 milliard 889.789.230FCFA par an.

De quoi révolter le peuple. Bazarder les vieux bâtiments administratifs au profit des immeubles du quartier chic de l’ACI 2000 d’Hamdallaye. Le hic, est que ces immeubles qui abritent les ministères, les DAF (Directions Administratives et Financières) et autres projets ou organismes sont les propriétés des princes du jour. Ajouté à ceux-ci, le nombre d’entreprises publiques disparues ne fait que des riches.
Le procédé est simple, on liquide l’entreprise. On fait fuir le directeur général (Boubacar Dembélé, ex PDG de la SONATAM).

Dans un tel régime où les scandales sont permanents, je citerai quelques uns parmi les plus spectaculaires : les 60 milliards de la BCEAO de Man investis au Mali, les 400 dossiers de 2002 et les 722 dossiers de 2002 à 2007 de la lutte anti-corruption et les 102 milliards de F CFA détournés des caisses de l’Etat par des départements ministériels entre 2004 et 2006 sont entre autres des gigantesques affaires sur lesquelles la lumière n’est jamais faite.

Un troisième mandat dans ces conditions serait un suicide économique.

Brin COULIBALY

24 Novembre 2008