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La maladie des gouvernements de notre pays s’appelle la mauvaise gouvernance. Mauvaise gouvernance causée par une mauvaise gestion des ressources du pays par les gouvernants.

Lorsque la démocratie a fait son apparition chez nous en 1992, tout le peuple a applaudi avec soulagement. Mais après quinze années d’exercices démocratique, le citoyen lambda n’a récolté que la spoliation de ses biens et de ses droits les plus élémentaires : droit à l’instruction gratuite, droit à une meilleure condition de vie, droit aux soins de santé, droit à l’alimentation et à l’eau potable.

Jamais notre pays n’avait connu un tel gaspillage du patrimoine national que sous le règne des démocratiquement élus. Du bazardage du patrimoine, on passe à la «mangecratie» mise au point par une élite de diplômés.

Chômeurs nommés ministres, directeurs nationaux qui n’ont qu’une seule ambition s’enrichir le plus rapidement possible avant la fin du mandat de leur parrain. Le pouvoir est entre les mains des princes du jour.

Les finances publiques et celles des princes se confondent largement. Les rumeurs publiques assurent que les titres fonciers, les immeubles appartenant à des ministres de la République atteignent dix immeubles, les T.F dépassent la superficie d’une ferme d’Etat de M’Pesoba et en plus de cela toute la ceinture foncière du district de Bamako a été érigée en titre foncier pour abriter les volailles, des bœufs de race «montbéliardes», des vergers, des réalisations qui assurent l’approvisionnement des hôtels de la place.

Dans une voyoucratie, le peuple n’aspire à rien du tout parce que la référence identitaire des princes du jour n’est pas la nation, mais la famille au sens large. Comment comprendre et admettre que le Mali aujourd’hui soit partagé comme un gâteau entre des initiateurs de la lettre de Dakar, des frères, d’armes, des amis, des caciques du Mouvement citoyen, de gros délinquants financiers qui continuent de piller les ressources de la nation sous le couvert de l’ADP, de membres du Club Perspectives et Développement… que sais je encore ?

Non, mon président ! Le Mali ne mérite pas un tel traitement de la part d’un porteur d’uniforme, sensé être plus nationaliste et patriote pour soumettre son pays à un tel pillage systématique. Combien y- a-t-il de services de répression des délinquants financiers ? L’Inspection des finances, la CASCA (Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration), le Vérificateur général …

Mais hélas ! C’est toujours l’impunité qui règne. Ne dit-on pas qu’au Mali plus tu bouffes l’argent public plus on te prend au sérieux et ensuite tu deviens ministre ! Les Maliennes et les Maliens ont massivement voté en 2002 pour ATT parce qu’ils croyaient qu’étant un président indépendant, il allait assainir les finances publiques. Mais de là à laisser piller le patrimoine national par son clan. C’est l’exception et du jamais vu.

Amy Sanogo

14 avril 2008.