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Le Mali, en la matière, ne constitue pas une exception : le pouvoir politique et la presse, tous médias confondus, en tous temps et en tous lieux dans le monde, ont entretenu et entretiennent des rapports ambigus. C’est d’abord qu’il s’agit de deux pouvoirs habités par le souci de s’affirmer en délimitant leur territoire respectif. L’un, en l’occurrence le pouvoir politique, est à regarder comme gestionnaire des intérêts souvent contraires des diverses forces à l’œuvre dans une société. L’autre, le pouvoir médiatique, se veut le garant du droit du public à savoir, à comprendre et à se rendre apte à faire des choix informés.

Le pouvoir politique a prioritairement un besoin de communication. Cela consiste à ne retenir comme méritant d’être dit ou d’être su à son sujet, par toutes les ficelles articulées de la propagande, que ce qui le valorise et soigne son image. Le pouvoir médiatique a prioritairement un souci d’information. Cela consiste à répondre, favorablement à l’exigeante demande des populations à savoir.

Quand il n’y a ni collusion ni compromis entre les deux pouvoirs, car cela arrive plus souvent qu’on ne le pense, et ce sont toujours les populations qui en font les frais, chacun se regarde à partir de son territoire, anticipant les faux pas possible de l’autre.

Rare, dans ces conditions, que les deux pouvoirs tiennent en équilibre stable ou vivent en coexistence pacifique. L’un a intérêt à cacher quelque chose. L’autre a intérêt à tout dévoiler.

Le clash est alors inévitable. Une presse qui s’attache ainsi à tout dire ou qui cherche à le faire est, à tout le moins, dérangeante pour un pouvoir politique attaché à ne voir, à n’entendre ou à ne faire dire ou à ne montrer que ce qui l’arrange. Difficile, pour le pouvoir politique, notamment dans nos pays, d’accepter de perdre l’initiative, pour ne pas dire la face. Le pouvoir politique croit toujours disposer d’assez de moyens pour s’imposer et en imposer à tous.


École maternelle : Ne peut plus être un ghetto coupé

La petite enfance est comparable à la terre meuble. Pousse en beauté tout ce qu’on y sème, tout ce qu’on y plante. Point n’est besoin, pour cela, de fertilisant, d’engrais. Les spécialistes en sciences de l’éducation qui comprennent bien ces choses là, accordent à la maternelle la plus grande attention, en tant qu’une étape essentielle dans le processus d’éducation et de socialisation de l’enfant.

Chez nous, au Mali, il sera nécessaire de nous convertir à cette idée. Personne ne doit y échapper. L’Etat, en la matière, ne peut plus jouer les Ponce Pilate. Les gestionnaires de ces établissements ne peuvent plus continuer d’être des amateurs qui campent à la périphérie de leur mission. Les parents ne doivent plus se comporter vis-à-vis de ces établissements comme s’ils avaient affaire à de simples garderies qui les soulagent du fardeau de leurs enfants.

La maternelle est un maillon essentiel de la chaîne scolaire. Elle aura besoin d’être repensée, d’être réinventée dans notre pays, aucune réforme de l’Ecole n’ayant encore pris en compte un tel maillon allègrement survolé et minoré. A l’image du fœtus que l’on estime ne pas avoir encore réuni tous les caractères distinctifs de l’espèce, la maternelle, reste, dans la chaîne scolaire, l’école avant l’école, l’école sans l’école ou l’école en attendant l’école.

Pourtant, beaucoup de pays n’en sont plus là. Ils s’efforcent d’intégrer harmonieusement l’école maternelle au cycle scolaire. Ils cherchent à inventer un nouveau modèle d’école maternelle en fonction de leurs objectifs de formation et d’éducation et tablent, en cela, sur les aptitudes naturelles de la prime enfance.

Il y a lieu, tout d’abord, de reconnaître, sous l’angle de sa prise en charge sur le plan éducatif, l’importance de la prime enfance. Elle ne doit être abandonnée ni à la débrouille de bonnes volontés ni au bricolage de baby-sitters, c’est-à-dire de personnes qui, moyennant rétribution, gardent à la demande, de jeunes enfants. La prime enfance est trop précieuse pour être ainsi traitée.

Il y a lieu, ensuite, de faire de l’école maternelle une structure d’appoint à l’action d’éducation de la famille et un maillon bien à sa place dans la chaîne du système national d’enseignement et d’éducation. L’école maternelle, de ce fait, ne peut plus être un ghetto coupé de l’Ecole, une garderie laissée aux soins de ceux qui ne savent pas de quoi il retourne. La qualité du personnel d’encadrement doit valoir la qualité de l’encadrement, le tout ordonné selon la vision globale de l’Ecole malienne.

15 Mai 2009