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La plupart n’ont la carte d’aucun parti, ils n’en auraient d’ailleurs pas les moyens. Mais tout au long de la campagne pour les élections générales angolaises mercredi, ils ont grossi les rangs des rassemblements de l’opposition avec un seul mot d’ordre à la bouche: « changer ». Adolescents précipités hors de l’école sans y avoir appris un métier, jeunes diplômés exclus du marché du travail ou quadragénaires licenciés pour cause de crise économique, ces hommes et femmes sont les très nombreux oubliés de l’Angola du président José Eduardo dos Santos. Jean Domingo est un de ceux-là. Dans un terrain vague poussiéreux de la capitale Luanda, il vient d’entendre le réquisitoire au vitriol du chef de l’Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola), Isaias Samakuva, contre le régime. Il votera pour lui au élections générales de mercredi. « Nous avons besoin de changement », assure Jean, « il faut installer au pouvoir un parti qui a le souci du sort des Angolais, pas celui de se remplir les poches ». Diplômé de l’université, il travaillait dans la communication jusqu’à ce que son entreprise mette la clé sous la porte, il y a six ans. A 49 ans, il n’a jamais retrouvé de travail et confie ne plus survivre aujourd’hui que « par la grâce de Dieu ». « La vie est vraiment trop difficile », regrette-t-il. « Tout est devenu beaucoup trop cher. Les jeunes ne peuvent plus faire d’études. Il n’y a plus de travail, ni pour eux, ni pour les anciens comme moi.AFP