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Seules 11 personnes peuvent prétendre à ce statut

Dans le cadre de l’affaire des «réfugiés maliens» au Burkina Faso, la Représentation Régionale du Bénin et celle du Sénégal avaient effectué une visite à Ouagadougou, en mai dernier. Afin de compléter cette mission, elles ont organisé une mission conjointe à laquelle la chargée de protection et du chef de Bureau de Bamako ont pris part, pour retourner dans la capitale burkinabé.

C’était du 5 au 8 juin dernier. Dans le rapport de mission rendu public, on relève que «tous les demandeurs d’asile ont déclaré que leurs villages n’ont jamais fait l’objet d’attaque… Les leaders touaregs semblent bien organisés, la plupart disposent de téléphones mobiles, moyens utilisés pour inviter les familles et connaissances restées au Mali à les rejoindre au Burkina Faso…

Il n’y a pas de raison fondée de crainte pour les demandeurs d’asile de la région de Tombouctou contrairement à ceux de Kidal (11 personnes) qui pourraient être considérés réfugiés en vertu de la Convention de l’OUA».

Cette mission conjointe a, d’abord, élaboré un plan de travail en trois points : visite des sites, réunions ciblées et interviewes des demandeurs d’asile au niveau du stade du 4 août, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. C’est ainsi que la délégation a rencontré le Coordinateur Résident du PNUD afin de valider son plan de travail.

Des échanges que les délégués du HCR ont eus avec ce dernier, il ressort que le Burkina Faso aurait lancé un appel aux bonnes volontés pour venir aux secours de ces demandeurs d’asile. Un appel que RFI aurait relayé.

En outre, le Coordinateur a fait savoir à ses interlocuteurs qu’il y aurait déjà une dépense de dix millions de nos francs à rembourser et une prévision de 73 millions de FCFA. Les factures seraient supportées par le Comité international de la Croix Rouge (CICR).

Ensuite, la mission conjointe s’est dirigée vers la Coordination Nationale des Réfugiés (CONAREF). Celle-ci a, selon le rapport, accueilli froidement ses visiteurs.

Et, sans tarder, le responsable de la CONAREF a fait savoir à ses hôtes son mécontentement pour le doute que le HCR porte sur la situation décrite par son institution et considère la mission conjointe comme celle d’une inspection.

Aussi, a-t-elle refusé de collaborer avec elle. Cependant, il s’est plaint du fait que le soutien du HCR tarde à venir et que les demandeurs d’asile de Djibo manqueraient de nourriture.

S’agissant des statistiques, les émissaires des Représentations Régionales du Bénin, du Sénégal et du chef de Bureau de Bamako, ont été informés de la présence de 329 Touaregs à Ouagadougou et de 594 autres à Djibo. Sans compter les nouveaux arrivés.

Mme Amsetou Walet Mohamed, épouse de Mohamed Ag Hama, éleveur arrivé de Kidal, est une des nombreuses personnes interviewées par la mission conjointe. Selon le rapport dressé par cette dernière, sa famille serait venue à dos d’ânes à Djibo et à partir de cette localité, elle aurait vendu les ânes pour payer le transport jusqu’à Ouagadougou.

Avant de regagner le stade, sa famille avait loué une maison au quartier Agouguène et son mari travaillait comme gardien chez un Burkinabé. La CONAREF aurait suggéré à la famille que si elle le désirerait, elle pouvait venir s’installer au stade du 4 août.

M. Raly Ag Abdulkarim, 58 ans, né à Dourgama (Tombouctou) aurait quitté le Mali, il y a deux mois, avec deux épouses et huit enfants. Il serait arrivé à Ouagadougou via Mondoro (Mali). Il aurait résidé dans le quartier de Zogoma jusqu’au moment où la CONAREF est venue lui dire de se rendre au stade du 4 août, en compagnie des membres de sa famille.

De manière générale, ce rapport note que l’état général de la population rencontrée est bon, aucun traumatisme n’est constaté. Cependant, on signale quelques cas de malnutrition.

En définitif, il ressort du rapport que tous les demandeurs d’asile ont déclaré que leurs villages n’ont jamais fait l’objet d’attaque. De même pour les régions de Tombouctou, Gao et Mopti. Certains demandeurs déclarent également n’avoir jamais perdu un parent ou une connaissance dans ce conflit. Ils seraient venus avec tous leurs biens.

D’autres demandeurs affirment avoir laissé dans leur village une partie de la famille et les autres villageois sur place. Il y en a qui laissent entendre qu’ils auraient été invités à regagner le stade.

Un groupe similaire dit s’être rendu au stade pour s’enquérir des conditions d’accueil avant de décider si oui ou non cela en vaut la peine.

Pour terminer avec ce chapitre, il semble que les leaders Touaregs sont bien organisés. La plupart disposent de téléphones mobiles, moyens utilisés pour inviter les familles et connaissance restées au Mali à les rejoindre au Burkina Faso. En somme, on serait en face d’une très grande escroquerie.

En outre, le rapport souligne avec force qu’il «n’y pas de raison fondée de crainte pour les demandeurs d’asile de la région de Tombouctou contrairement à ceux de Kidal (11 personnes) qui pourraient être considérées comme réfugiés en vertu de la Convention de l’OUA. La définition du «réfugié» permet de connaître les agents de persécutions tant étatiques non étatiques.

Dans le cas concerné, les demandeurs d’asile de la région de Tombouctou déclarent n’avoir jamais été attaqués, ni par les militaires ni par les rebelles touaregs».

Chahana TAKIOU

01 Juillet 2008