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Le rappeur tunisien Weld El 15 a été condamné jeudi à quatre mois de prison lors d’un nouveau procès pour outrage aux autorités considéré par ses partisans comme la preuve du harcèlement dont sont victimes des artistes dissidents en Tunisie. Le chanteur, de son vrai nom Ala Yacoubi, a été immédiatement arrêté, le jugement prévoyant « l’exécution immédiate » de la sentence. « J’ai des craintes pour l’intégrité physique de Weld El 15 en prison », nous a dit à son avocat Me Ghazi Mrabet, promettant de faire appel.(…) « Je m’attends à tout, j’espère que la Tunisie a une justice et non une injustice. La révolution a eu lieu au nom de la liberté d’expression », nous a dit à Weld El 15 avant le procès, en référence à la révolte qui avait abouti à la chute du régime autoritaire de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.Près de trois ans plus tard, la police, la justice et le gouvernement dirigé par les islamistes sont régulièrement accusés de chercher à juguler la liberté d’expression acquise après le soulèvement alors qu’aucune réforme de fond du système judiciaire et des forces de l’ordre n’a été entreprise.
Parmi les partisans du rappeur, ce nouveau jugement démontre que la liberté d’expression et artistique est de nouveau menacée.En Europe aussi, les craintes pour le bien-être du rappeur ont commencé à se faire entendre alors que des enquêtes criminelles controversées ont visé ces derniers mois des artistes et des journalistes. AFP.