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C’est pour informer l’opinion sur l’état d’exécution de ce protocole que les responsables de l’UNTM ont organisé hier une conférence de presse à la Bourse du travail. En introduisant la conférence, Siaka Diakité, le secrétaire général de la centrale syndicale a indiqué que celle-ci entend jouer pleinement sa mission traditionnelle de sentinelle pour le mieux-être des travailleurs.

« Dans un contexte mondial et national toujours dominé par une conjoncture difficile, l’UNTM suit avec une vive préoccupation la situation post-privatisation qui prévaut dans notre pays« , a dit le patron de la centrale.

Évoquant les nombreuses appréhensions de la centrale syndicale sur cette question, il a réaffirmé la disponibilité des travailleurs dans la recherche des voies pour relancer l’économie nationale et améliorer du coup le niveau de bien-être des Maliens et Maliennes.

L’UNTM estime qu’en la matière, toutes les démarches doivent être faites de façon responsable, dans la discipline et la dignité.
« Soyez sûrs que nous ne manquerons jamais à notre devoir de solidarité nationale vis-à-vis de notre peuple.

Il nous faut développer un partenariat crédible entre les pouvoirs publics, le secteur privé et les organisations de travailleurs« , ajoutera Siaka Diakité. Après cette intervention, c’est le président de la commission des négociations, Seydou Diarra qui s’est chargé de faire le point sur l’état d’exécution du protocole d’accord du 18 juillet 2007.

Intégralement payés:

Il a expliqué que des avancées significatives ont été réalisée dans la quasi totalité des 20 points contenus dans le protocole d’accord. Ainsi, les projets de textes concernant l’avancement des fonctionnaires notés « bons » à la veille de leur départ à la retraite, ont été élaborés.

Les textes se trouvent actuellement au niveau de la centrale syndicale pour recueillir ses observations. Par ailleurs, des concertations sont en cours entre les parties prenantes pour arrêter les termes de la transaction concernant le paiement des arriérés de salaires, les indemnités de licenciement, les fonds de réinsertion et les droits des travailleurs des sociétés et entreprises d’État liquidées.

Le président de la commission des négociations a noté avec satisfaction que ces droits dont le montant a été fixé à 2,5 milliards de Fcfa prévus dans l’accord entre le gouvernement et l’Association des partants volontaires à la retraite, ont été intégralement payés aux bénéficiaires.


Autres motifs de satisfaction :

l’augmentation du taux des allocations familiales qui est passé depuis le 1er juillet dernier de 1000 Fcfa à 1500 Fcfa, ainsi que la réduction de deux points du taux de l’impôt sur les traitements et salaires (ITS), une mesure entrée en vigueur en janvier dernier.

Si pour Seydou Diarra le processus de privatisation de la SOTELMA et l’application du plan stratégique de relance de l’ONP se déroulent normalement, la privatisation de la CMDT soulève beaucoup d’interrogations. Il s’agit entre autres de la question du maintien des actions de développement (infrastructures routières, santé et éducation), réalisées par la compagnie dans les zones cotonnières et du sort des travailleurs.

Plus indépendant :

À propos de la CMDT, Siaka Diakité a assuré que la filialisation du secteur n’entraînera aucun changement dans le contrat des travailleurs salariés. « Durant toute la phase de transition, la CMDT conservera l’activité de la vente de la fibre et celle de l’importation des intrants stratégiques.

Les travailleurs de la compagnie et une partie du personnel de l’OHVN seront répartis entre les filiales. Seuls resteront dans la CMDT-Holding, les agents strictement requis pour mener à bien le pilotage, la commercialisation, l’approvisionnement, la gestion financière et le suivi des ressources humaines« , expliqué le patron de l’UNTM, avant d’indiquer que le gouvernement a donné l’assurance qu’il n’y aura pas de licenciement.

Et si cela doit se produire, la mesure sera encadrée par le plan social élaboré en 2003.
L’UNTM relève également au nombre des acquis le fait que le niveau des tarifs d’eau et d’électricité sont bloqués depuis 2004. Et cela malgré la hausse vertigineuse du prix des produits pétroliers.

Cette mesures a pu être appliqué grâce aux exonérations fiscales consenties par l’État sur les carburants. Cela a nécessité un effort financier évalué à plus de 20 milliards entre 2004 et 2007. A cela s’ajoute l’octroi d’une subvention d’exploitation de 3 milliards de Fcfa à l’Énergie du Mali.

En outre, le gouvernement poursuit ses efforts pour créer les conditions favorables à de nouvelles baisses des tarifs d’électricité et d’eau, à travers l’interconnexion du réseau électrique malien avec ceux de pays voisins et la construction de nouvelles centrales hydroélectriques (à Felou, Gouina et Kénié).

L’UNTM souhaite que toutes les actions envisagées dans le secteur de l’électricité soient rapidement réalisées et que des solutions alternatives soient initiées dans le secteur, a précisé Siaka Diakité.

Toujours dans le registre des points de satisfaction, les responsables de la centrale syndicale évoquent la relecture annoncée du décret portant création du Conseil national des prix. Cette décision a été prise par les pouvoirs publics à la demande de l’UNTM. La mesure vise à rendre le Conseil plus indépendant, transparent. Avec cette relecture, la structure ne sera en effet plus rattachée à un département de tutelle.

Le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité a en outre annoncé que la première vague d’intégration de certaines catégories de contractuels à la Fonction publique pourrait intervenir à partir de janvier prochain.

Malgré tous ces acquis, les responsables de l’UNTM annoncent que la centrale syndicale entend déposer de nouvelles revendications dès que le gouvernement sera de retour des vacances.

M. N. TRAORÉ

20 Août 2008