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sida-4.jpgLa pandémie du Sida est un problème de santé dans nos pays en voie de développement. Notre jeunesse par manque d’information est grandement victime de cette maladie. C’est ainsi, que pour combler ce déficit, le ministère de l’Éducation nationale, en collaboration avec le Haut conseil national de lutte contre le Sida (HCNLS) et la Banque africaine de développement (BAD) a initié un projet d’appui au Programme décennal pour l’éducation (PRODEC), dénommé « Projet éducation IV ».

C’est ainsi que vendredi, au ministère de l’éducation nationale, le lancement officiel de ce nouvel outil de plaidoyer a eu lieu sous la présidence du secrétaire général du département Barthélémy Togo. Etaient également présents à la cérémonie, le coordinateur national de lutte contre le Sida, le Dr. Aliou Sylla, les représentants de la BAD, Ba Mamadou Samba et du secrétariat exécutif du HCNLS, le Dr. Aly Wélé, ainsi que l’ensemble des responsables des quinze académies du Mali.

Sensibiliser le personnel enseignant et le ministère de l’Éducation nationale sur le Vih/Sida, restent les principaux objectifs visés par ce nouveau projet.

Selon les résultats préliminaires de l’EDS IV (Enquête démographique et de santé), la prévalence du VIH/Sida dans notre pays est de 1,2% dans la population des 15 à 49 ans d’hommes et de femmes. Ce taux de séroprévalence est plus élevé chez les femmes (1,4%) que chez les hommes (0,9%).

Du fait de la précocité de l’âge des premiers rapports sexuels chez celles-ci, ce taux est relativement élevé chez les 15-29 ans (0,6% entre 15 et 19 ans, 1,3% entre 20 et 24 ans et 1,9% entre 25 et 29 ans).

Bamako occupe le premier rang de séroprévalence avec 1,9% suivi des régions de Mopti (1,4%), Ségou (1,3%) et Koulikoro (1,2%). Les régions de Tombouctou (0,5%), Kidal et Sikasso (0,6%) et Kayes (0,7%) possèdent les niveaux de prévalence les plus faibles.

La prévalence est beaucoup plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural : respectivement 1,6 et 0,9%. La connaissance complète des moyens de prévention contre la maladie reste également faible : 53% pour les femmes de 15 à 49 ans et 63% pour les hommes de la même tranche d’âge.

Sur ce dernier aspect, les résultats de l’Enquête démographique et de santé III réalisée en 2001, indiquent que les jeunes en milieu scolaire et extra scolaire, ainsi que les enseignants constituent des groupes particulièrement vulnérables à la pandémie du Sida.

Cette vulnérabilité selon le secrétaire général, Barthélémy Togo, s’explique par la mobilité géographique, la précarité économique, la faible prise de conscience du problème par les jeunes.

L’insuffisance de la couverture sanitaire du pays, rend difficile la réduction de la pandémie qui affecte l’état sanitaire et le rendement des élèves et des enseignants à tous les niveaux d’enseignement, a constaté Mr Togo.

Grâce à l’enveloppe de 13,42 milliards de Fcfa entièrement financés par la BAD, le projet pourra renforcer les connaissances du monde scolaire sur le Vih/Sida, favoriser l’élargissement de l’accès au second cycle de l’enseignement fondamental et l’amélioration de la qualité de l’éducation et le développement de l’alphabétisation fonctionnelle.

De même, avec le Projet Éducation IV, pourront être renforcées les compétences de services déconcentrés de l’éducation et la lutte contre les maladies à haute prévalence (IST/Sida, paludisme, tuberculose) dans le monde scolaire à travers des actions de prévention, d’information et de sensibilisation.

Pour le coordinateur national de lutte contre le Sida, le Dr. Aliou Sylla, le nouveau projet, créé l’opportunité de faire passer au sein des établissements scolaires les messages de sensibilisation, d’information et de conseil en direction des élèves et étudiants afin de leur faire adopter des comportement à moindre risque. L’opération, selon le Dr Sylla, aidera également à prodiguer aux enfants de bonnes pratiques de prévention du VIH, des IST et des maladies à haute prévalence.

Pour la projection des supports de sensibilisation/prévention, le projet a déjà acquis cinq supports audiovisuels pour les campagnes de prévention, un vidéo-projecteur et un micro ordinateur portable.

De même, le projet mettra à la disposition du Centre d’écoute et de soin, d’animation et de conseil (CESAC), un lot de préservatifs et de kits de dépistage afin d’appuyer le département sur ce volet Sida et IST. Deux contractuels seront embauchés pour l’écoute, le conseil et l’orientation des personnes à partir de deux lignes vertes installées dans deux des trois régions couvertes, notamment Kayes, Sikasso et Mopti.


07 août 2007.