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Nous bouclons aujourd’hui la série des dix dossiers sulfureux du Vérificateur Général envoyés par la CASCA au Procureur anti-corruption, Sombé Théra. Les deux dossiers concernent la DAF du ministère des Mines et celle de l’Education.

La première outre, les nombreuses irrégularités relevées, ça et là, dans le fonctionnement du service, est accusé d’avoir acheté, le même jour, du thé et du sucre pour une valeur de plus de 11 millions de FCFA.

Cet exemple, parmi tant d’autres, est symptomatique de l’ampleur de la corruption dans le département que dirigeait le bouillant ministre, Ahmed Diane Semega, l’un des rares rescapés de l’ancienne équipe gouvernementale et l’unique représentant officiel du Mouvement Citoyen au sein de l’attelage composé par Modibo Sidibé, le 3 octobre dernier.

Ce n’est vraiment pas la DAF seule qui est en cause mais tous les services du ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau ont été épinglés par le Vérificateur Général en raison des multiples écarts observés par rapport à l’orthodoxie financière.

A preuve : à la direction nationale de l’Hydraulique, un trou de plus de 341 millions de CFA a été constaté. Parmi les nombreuses irrégularités, on peut citer, entre autres, la perte ou l’autoconsommation de recettes publiques destinées au Trésor, la violation des règles de passation de marchés, l’existence de dépenses non justifiées de 208 248 000 FCFA dans la réalisation des forages. Ce n’est pas tout.

La vérification financière du secteur de l’énergie sur les périodes 2002, 2003, 2004, 2005 et 2006 a fait ressortir un manque à gagner de près de 1,2 milliard de nos francs.

Au titre de l’AMADER, on retient, entre autres, l’absence de pièces justificatives pour certains éléments immobilisés, des cas de surfacturation, le non-paiement des impôts et taxes sur salaires, l’existence d’investissements d’électrification non justifiés.

Le projet de promotion des énergies nouvelles et renouvelables pour l’avancement des femmes (PENRAF) le Centre national d’Energie solaire (CNESOLER) sont tous mal gérés, à en croire le Vérificateur Général.

Soulignons que le ministre Semega est loin, semble-t-il, d’être le responsable de ces malversations financières. Le Pôle économique, lui, sait faire la part des choses et interpellera au moment venu les principaux concernés. Dans le cas du ministère de l’Education nationale, nous ne reviendrons pas sur la gestion calamiteuse par la DAF du Programme d’Investissement Sectoriel de l’Education (PISE).

Néanmoins, il faut indiquer qu’à travers de forts indices et un contrôle aléatoire des points de livraisons de manuels scolaires donnés par le ministère de l’Education, le Vérificateur Général est parvenu à la conclusion selon laquelle « il y a une livraison fictive de manuels scolaires pour plus de trois milliards de FCFA« .

Ce dossier et celui des Mines se trouvent désormais entre les mains du procureur anti-corruption, Sombé Théra. Il lui revient de donner une lisibilité claire à ce combat dans lequel sont engagés les plus hautes autorités du pays, notamment ATT et le nouveau ministre de la Justice, Maharafa Traoré.

Chahana Takiou

30 octobre 2007.