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Mais actualité oblige, Sombé Théra, le Procureur près le tribunal de première instance de la commune III, a poliment ravi la vedette à ses camarades du présidium car toutes les questions des journalistes lui étaient destinées. Opportuniste, il n’a pas fait dans la dentelle. Répondant à toutes les questions même les plus audacieuses.

La lutte contre la corruption…

Pour lui, la corruption est un mal qui continue son petit bonhomme de chemin malgré la lutte engagée pour l’enrayer. Il reconnaît que la justice n’échappe pas aux affres du phénomène de la corruption. Car il existe sans tabou des pratiques peu orthodoxes dans ce corps d’élite.  »Personne ne peut dire qu’il n’y a pas de corruption au sein de la justice au Mali » a lancé M.Théra. Avant de poursuivre’: ‘ceux qui pensent qu’un juge agit à sa seule guise se trompent lourdement…La pression sociale est forte sur la justice et le juge » a-t-il expliqué. Qui mieux que ce magistrat, de surcroît Procureur du pôle économique peut parler mieux de ce phénomène qui est devenu la mère de tous les vices ? Mais pour lui, c’est un devoir pour tout Etat de lutter contre la corruption. Le code pénal malien la considère même comme un crime depuis les premières années de l’indépendance a-t-il souligné.

Faut-il reconnaître que malgré toutes les stratégies mises en place pour l’endiguer, la corruption est sans commune mesure et continue son petit bonhomme de chemin.  »Même la politique de spécialisation de la lutte en 1999 n’a rien fait pour contre carrer sa progression. En 2001, avec la création des trois pôles économiques et financiers à Bamako, Mopti et Kayes, les autorités d’alors ont vu en elle un moyen de renforcement de la lutte contre la corruption et la délinquance financière » a dit M.Théra. Il note cependant qu’il y a eu des effets positifs dans cette lutte. La collaboration des différents acteurs de la justice, le fait que le pôle économique a la même compétence territoriale que les Cours d’appel sont des actes salutaires pouvant amener à avoir des résultats dans la lutte contre la corruption.

Le cas du vérificateur général

L’état des lieux de la lutte contre la corruption, la délinquance financière, l’expérience du bureau du vérificateur général sont entre autres sujets débattus par le représentant du bureau du vérificateur général, Amadou Dao. Naturellement l’occasion était tout trouvée pour remettre les pendules à l’heure au moment où l’institution traverse une crise interne. La croisade du bureau du vérificateur contre la corruption est focalisée sur la sincérité et la régularité de l’utilisation des fonds publics. Prenant encore la parole, le Procureur anti-corruption, Sombé Théra, dira que le Procureur ne reçoit pas les rapports du vérificateur général car le vérificateur est un auditeur. Voila qui en dit long sur les acrobaties constatées ça et là entre les deux entités.

Le pôle économique reçoit seulement des dénonciations de la part du bureau du vérificateur général et pas plus de quinze dénonciations depuis le début de leur collaboration précise le Procureur. Pour se rattraper, le Procureur anti corruption envisage des rencontres futures avec le végal pour dit-il, consolider les rapports de travail puisque les informations ou dénonciations fournies par Sidi Sosso Diarra et son équipe sont d’une utilité intarissable pour le pôle économique. Quant à la lancinante question de savoir la suite à donner aux dossiers sales qui lui sont transmis, il répond, sans convaincre,  »il y a eu des cas avérés et la prison centrale de Bamako Coura peut témoigner ». Il ajoute qu’il n’y a jamais eu des cas sans suite au pôle économique. Avant de conclure :  »il y a au niveau de sa juridiction des dénonciations faites concernant le bureau du vérificateur général en rapport avec une mauvaise gestion des conflits ».

Cherchant à vanter le mérite de son service, Sombé Théra brosse les résultats obtenus par le pôle économique depuis sa création surtout que beaucoup de nos concitoyens restent jusqu’ici dubitatif quant à l’existence même de spécialistes dans cette juridiction.  »Nous avons deux assistants spécialisés mais pas suffisant » reconnaît Sombé Théra.

Affaire maîtresse du président: Sombé Théra veut se racheter

Interrogé sur l’affaire de la maîtresse du président, Sombé Théra lance avec un grand soulagement,  »ce n’est plus au niveau de Sombé Théra mais au niveau du tribunal ». Il a donné l’impression que ce dossier était comme une patate chaude dans ses mains. On aura compris enfin toute la prudence avec laquelle le Procureur souhaite parler de dossier car il a souhaité une autre occasion pour s’étaler là-dessus.

Cette affaire qui a défrayé la chronique avec l’embastillement des journalistes a donné un coup à la liberté de la presse au Mali. Mais beaucoup de gens estiment que cette tristement célèbre affaire a rendu populaire Sombé Théra qui était longtemps resté dans l’ombre. Mahamane Cissé

Le Matin