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Après deux reports, le procès intenté par le Réseau malien des consommateurs de téléphonie mobile (REMACOTEM) contre l’opérateur de téléphonie au Mali, Orange-Mali, a commencé hier. L’audience, présidée par le juge du Tribunal de la première instance de la Commune IV du District de Bamako, Hamèye Founé Mahalmadane, a été le théâtre d’âpres combats de procédure, pièces à conviction à l’appui, entre les avocats de la partie civile, représentée par l’ancien Bâtonnier, Magatte A Sèye et Me Mahamane Maïga et ceux de Orange-Mali et Call Me, respectivement Me Mamadou Touré et Me Moctar Mariko. Les avocats de la Sotelma-Malitel étaient aussi de l’audience. Le Tribunal videra son verdict, le mardi 23 septembre.

Monsieur le président, en tant qu’utilisateurs et consommateurs de téléphone Sotelma-Malitel, il est impossible d’avoir accès au numéro 802 27 27, ligne attribuée par l’opérateur Orange-Mali au Consulat de France au Mali pour les prises de rendez-vous de visa. En effet, la ligne susdite n’est accessible que par les personnes qui possèdent les puces d’Orange Mali, à l’exclusion des utilisateurs de Sotelma-Malitel.

Cela est une discrimination notoire et une concurrence déloyale inadmissible en violation des dispositions de l’Ordonnance N°99-43P-RM du 30 septembre 1999 régissant les télécommunications en République du Mali. Il y a extrême urgence à obliger la société Orange-Mali à cesser cette violation, en ouvrant ladite ligne aux autres utilisateurs de Sotelma-Malitel sous astreinte du paiement de la somme de « Dix millions (10 000 000) FCFA par jour de retard  » a déclaré l’avocat de Remacotem, Me Magatte A Sèye.

Son confrère, Me Mahamane Maïga, d’enfoncer le clou : «En surtaxant ce numéro, Orange-Mali et son complice Call Me veut davantage poser des problèmes financiers aux populations qui souffrent déjà devant l’Ambassade de France pour avoir un visa».

La réplique de l’avocat de Orange-Mali, Me Mamadou Touré, ne s’est pas fait attendre. Il a soutenu qu’il y a un problème de défaut de qualité et de contestation. «Mon client n’a rien fait pour empêcher les clients de la Sotelma-Malitel d’avoir accès au numéro 802 27 27. C’est une question d’interconnexion. La Sotelma-Malitel ne s’est pas entendue avec le prestataire Call Me. En réalité, l’opérateur historique de téléphonie au Mali n’est pas techniquement solide pour assurer un service de qualité à ses clients».

Quant à l’avocat de Call Me, Me Moctar Mariko, il a défendu, mordicus, que son client n’est nullement impliqué dans la crise d’interconnexion qui oppose les deux opérateurs téléphoniques. Ainsi, a-t-il affirmé : «Call Me n’est ni une filiale de France télécom, ni de Orange Mali. Le rapport qui nous unit à ces structures n’est rien d’autre que celui d’affaires. Nous avons démarché le Consulat de France et d’autres structures pour signer des contrats de travail. Nous ne sommes pas un opérateur téléphonique et nous ne créons pas de numéro.

Call Me est en dehors de cette bataille. S’il y a une discrimination contre le peuple malien, les deux opérateurs sont les responsables et non Call Me». Quant aux avocats de la Sotelma-Malitel, ils ont pris la parole pour abonder dans le même sens que les avocats de la partie civile.
Au terme des interventions des avocats, le Tribunal a levé l’audience. Rendez-vous a été pris pour le mardi 23 septembre pour la lecture du verdict.


Abdoul Karim KONE

18 Septembre 2008