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La crise provoquée par la contestation anglophone au Cameroun, exacerbée début 2017 avec une coupure de trois mois d’Internet dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest, « pourrait affecter l’élection présidentielle » prévue fin 2018, selon un rapport du centre d’analyse International Crisis Group (ICG), publié jeudi. « Si le climat actuel se prolonge, les chances d’organiser des élections pacifiques dans les deux régions anglophones semblent limitées », dit le rapport, qui estime que « la crise actuelle pourrait avoir un retentissement sur les élections de 2018, et même sur la Coupe d’Afrique des Nations prévues pour 2019 ». Lancée en novembre par des professeurs et des juristes, la contestation des anglophones, environ 20% de la population totale estimée à 22 millions de Camerounais, revendique le retour au fédéralisme en faveur des deux régions ou, pour une minorité, le séparatisme, avec la création d’un nouvel Etat. Elle avait abouti à une coupure d’Internet pendant plus de trois mois dans les deux régions anglophones du pays – la plus longue coupure jamais enregistrée en Afrique. « Même si les violences ont cessé, les éléments de crise demeurent: radicalisation de la diaspora et d’une frange de la population, rupture de confiance avec le gouvernement et violences sociales ciblées », écrit le think tank, qui avertit: « si une solution durable n’est pas trouvée, la prochaine résurgence du problème anglophone pourrait être violente ». Quelles seraient ces solutions durables? Pour l’ICG, il faut, entre autres décisions, une « reconnaissance du problème anglophone par le président » Paul Biya, un « remaniement ministériel et (une) réorganisation de la haute administration en vue de mieux refléter le poids démographique, politique et historique des anglophones » et des « sanctions contre les membres de forces de sécurité responsables de bavure durant la crise ».AFP