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En marge des 30e assises de la presse francophone qui se sont déroulées à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire), la presse malienne a été honorée. Le prix « de la libre expression » a été décerné à nos confrères Sambi Touré d’Info Matin, Mahamane Hamèye Cissé du Scorpion, Alexis Kalambry des Echos, Birama Fall du Républicain et Seydina Oumar Diarra d’Info Matin. Ils avaient été arrêtés et jugés après la publication de « La maîtresse du président » dans leurs colonnes.

Ce prix, qui est une prime à la liberté d’expression, est généralement attribué à des hommes et des femmes de médias victimes d’intolérance en tout genre, d’entrave à la liberté d’expression, de harcèlement politique, etc. Les journalistes maliens, honorés par leurs pairs de plus de 130 pays, sont ceux-là mêmes qui avaient été embastillés au mois de juin 2007 dans l’affaire dite « La maîtresse du président de la République ».

Le ministre ivoirien de la Communication, Ibrahim Sy Savané, qui leur a remis le prix le jeudi, 6 décembre 2007, a affirmé que « cette distinction qui récompense des journalistes doit faire savoir à tout le monde que la liberté d’expression est précieuse et à sauvegarder » .

Les journalistes francophones présents aux assises de Yamoussoukro ont ainsi motivé leur démarche. « Il s’agit d’abord et avant tout, pour vous confrères, seuls juges, de vous reconnaître le professionnalisme dont vous avez fait montre dans ce travail ». La presse francophone avec un œil de professionnel porté sur l’épisode n’a pas tari de dénonciations tout en brocardant l’attitude de certains dirigeants à ne pas supporter la critique.

Le prix de la libre expression a déjà été attribué au directeur du journal camerounais, Le Messager, Pius Njawé et à la presse privée algérienne dont plus de 100 journalistes sont morts sous les balles de l’intolérance religieuse.

Le thème de la rencontre de Yamoussoukro portant sur « Médias, démocratie et paix » a été une tribune pour les participants de discuter des entraves à la libre expression. Ils ont déploré les atteintes graves à la liberté qui se multiplient sur le continent.

Les lauréats maliens se sont montrés fiers d’être jugés sans complaisance par leurs pairs. Ils ont apprécié le soutien de la grande famille de la presse francophone au moment où l’affaire de « La maîtresse du président de la République » est encore pendante devant la Cour d’appel.

Abdrahamane Dicko

10 Décembre 2007.