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Après les cérémonies protocolaires d’usage au Palais Présidentiel de Koulouba, ATT, son hôte et la délégation qui l’accompagne se sont rendus en fin de matinée au siège de la Banque Malienne de Solidarité (BMS-SA) où ils ont été accueillis par le PDG de cette institution bancaire.

Là-bas, dans une longue intervention, Hugo Chavez a annoncé un don de 100 millions de dollar US au Mali, soit près de 50 milliards de FCFA. Comme si cela ne suffisait pas, le président vénézuélien a déclaré avoir mis à la disposition de la BMS-SA une ligne de crédit de 10 millions de dollar au moins, soit plus de 50 millions de FCFA. De quoi donner du vertige à des banquiers qui aspirent toujours aux sources de financement de leurs ambitions.

UNE VISITE COURTE, MAIS BIEN RICHE

C’est au pas précipité que le président de la République du Venezuela M. Hugo Chavez et son homologue du Mali ont visité quelques infrastructures qui symbolisent la solidarité du pouvoir d’ATT aux plus démunis. Et ce n’est pas un hasard si le président du Venezuela a décidé de visiter ces structures dédiées au peuple.

Après les cérémonies protocolaires d’abord à l’aéroport international de Bamako-Sénou, le mercredi 2 août à 2 heures du matin, puis à la résidence du président ATT à Koulouba aux environs de 10 heures, les deux Chefs d’Etat ont été reçus au siège flambant neuf de la BMS-SA sise à Hamdallaye ACI. A l’accueil, il y avait le ministre de l’Economie et des Finances M. Abou-Bacar Traoré, le Président-Directeur-Général de la BMS. Babaly Ba, le maire de la Commune IV, entre autres.

“LE SYSTEME BANCAIRE CLASSIQUE EST UN MIRAGE POUR LES PAUVRES”

Le ministre de l’Economie et des Finances, Abou-Bacar Traoré, en recevant les deux présidents à la BMS-SA, a affirmé que “Le système bancaire classique demeure un mirage pour les pauvres pour la simple raison qu’ils ne peuvent pas fournir des garanties que les banques exigent pour accorder du crédit à un particulier ou une association quelconque”. C’est ce qui a motivé la création de la Banque Malienne de Solidarité (BMS) en partenariat avec les réseaux de caisses associatives plus proches des couches les plus défavorisées de la population et qui sont d’ailleurs les plus nombreuses.

Comme son nom l’indique, la BMS a reçu comme missions principales de permettre l’accessibilité des populations défavorisées aux crédits ; de fournir les services bancaires dans les régions reculées. C’est dans ce contexte que la première Agence Régionale de la BMS a vu le jour à Kidal à plus de 1.600 Km de Bamako; suivront ensuite Mopti et Sikasso à environ 600 Km de la capitale.

LA BMS-SA, LA BANQUE DES PAUVRES

Créée fin 2002, la Banque Malienne de Solidarité (BMS-SA) avec un capital de 2 305 millions de FCFA est marquée par la prédominance des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) avec 72%, suivi de l’Etat malien avec 20%, il y a un actionnaire étranger qui détient 4% ; la Société Internationale pour le Développement de l’Investissement (SIDI), et les 4% restant sont répartis entre l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ANPE) et le FARE (Fonds Auto-Renouvelable pour l’Emploi).

QUELQUES RESULTATS DE LA BMS

Malgré un contexte difficile, les principaux agrégats de la Banque ont évolué entre 2004 et 2005. Ainsi, il ressort du bilan présenté par le PDG Babaly Ba que la BMS a réalisé en 2003, un bilan de 19 401 millions de FCFA contre 15 945 millions en 2005 soit une progression de 22%. Au total, les crédits directs et indirects de la BMS à la clientèle se sont élevés à 16 343 millions de FCFA en 2005 contre 12 555 millions en 2004 soit un progression de 30%. Au 31 décembre 2005, le résultat net de la Banque se chiffre à 341 millions de FCFA.

Durant l’année en cours, la République du Venezuela a mis à la disposition du Mali cinq cent mille dollars américains. Le transfert de ce fonds fut effectué à la BMS. L’occasion était bonne pour le PDG Babaly Ba d’adresser ses vifs remerciements aux deux présidents pour cet apport financier qui permettra de donner une impulsion à la promotion des activités génératrices de revenus menées par les femmes.

PIYELI, UNE BANQUE QUI NE PRETE PAS AUX RICHES

Mme Coulibaly Kaba Soumaré, Directrice de Piyeli, une Caisse associative a témoigné de la réussite de la collaboration entre la BMS et Piyeli. Sur les cinq cent mille dollars que le Venezuela a accordé à la BMS en 2006, Piyeli a bénéficié 300 millions de FCFA.

“NOS RACINES SONT ICI AU MALI”

Dans une longue intervention qui a suivi la signature du livre d’or de la BMS par les deux Chefs d’Etat, le président Hugo Chavez a retracé son origine qui est à la fois africaine et indienne. “Ici, nous revenons à nos racines, à nos sources. Ce n’est pas la peine de nous remercier pour ce que nous faisons, nous l’accomplissons avec une responsabilité historique. Nous sommes obligés de nous unir si nous ne voulons pas périr face à l’impérialisme. Nous avons eu l’indépendance politique, mais économiquement, nous restons dépendants, cela est une autre forme d’esclavage. Les armées libératrices d’Amérique du Sud ont été formées par des africains et des indiens. Le Venezuela est un mélange de sang africain et indien… Je suis moitié indien et moitié africain…”.

10 MILLIONS DE DOLLAR DE CREDIT A LA BMS

La Banque Malienne de Solidarité (BMS) peut se sentir heureuse. Parmi toutes les institutions financières au Mali, elle est la seule à bénéficier des fonds vénézuéliens. En plus de 500.000 dollars américains évoqués haut, la BMS-SA vient de bénéficier d’une ligne de crédit de 10 millions de dollars au moins de la part du Venezuela.

“LE MALI A DU PETROLE”

Le Venezuela a une grande expérience dans la recherche et l’exploitation du pétrole. Le pays de Hugo Chavez est le 5ème exportateur mondial du pétrole et entend mettre son expérience au profit du Mali.

Le président Hugo Chavez a dit ceci: “Nous avons des informations selon lesquelles le Mali a du pétrole. Nous viendrons très prochainement pour la prospection et l’exploitation de ce pétrole qui deviendra une propriété du peuple. Notre pétrole appartient au peuple vénézuélien. Selon le dossier, les besoins du Mali en pétrole et ses dérivés s’élèvent à 4200 barils par jour.
Le Venezuela en tant pays producteur vend le baril de pétrole à 60 dollars et les intermédiaires revendent ce même produit au Mali entre 80 et 90 dollars par baril, cela est de la perversion. Nous allons supprimer les intermédiaires en vendant au gouvernement notre pétrole, cela permettra de baisser les prix de 20%. Les 4200 barils dont vous avez besoin par jour coûtent 100 millions de dollar auxquels nous nous renonçons, que le Gouvernement malien pourra utiliser pour améliorer l’éducation, la santé, etc, bref, les programmes du président ATT. Il faut que tout les Maliens aient accès à l’enseignement. Pour rembourser cet investissement à long terme, l’extration des mines, de l’engrais, de fer seront les alternatives…

En réaction aux déclarations du président vénézuélien, ATT dit ceci : “En t’écoutant, j’ai eu l’impression d’écouter les pairs de l’indépendance qui, pour la mise en oeuvre de leurs ambitions, se sont butés à de nombreux obstacles. Le plus important est que ça créé l’espoir et avec l’espoir, nous pouvons tout réussir”.

Daba Balla KEITA

03 août 2006.