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Le président Mohamed Moncef Marzouki a rappelé que son pays achève la période transitoire qui a suivi la chute de la dictature et le triomphe de la révolution du jasmin du 17 décembre 2010, qui a initié le printemps arabe. Il a mis l’accent sur les menaces sécuritaires auxquelles font face les deux pays.

Sur le plan sécuritaire, dira-t-il la Tunisie a fait face surtout en 2013 à une véritable offensive terroriste qui s’en est prise aux hommes politiques, aux soldats et agents de sécurité. «Une grande partie de cette menace terroriste est liée aux conflits hors de nos frontières mais une autre est profondément ancrée dans l’état de dénuement social et économique d’une partie de la jeunesse laissée à l’abandon par une dictature soucieuse seulement de son avenir à elle» , a déclaré Moncef Marzouki.

Avant d’ajouter que ces crises politiques ont pu être maîtrisées grâce à la sagesse de la classe politique tunisienne, au courage et aux sacrifices des forces armées et de sécurité. « Reste le troisième défi auquel nous sommes confrontés : Faire tourner la machine économique à plein rendement pour donner à nos jeunes le travail qu’ils réclament et à notre peuple un niveau de vie décent, sans lequel les libertés démocratiques ne seraient qu’un privilège de plus pour les nantis.

Qui donc mieux que nous Tunisiens, peuvent comprendre les difficultés que vous rencontrez puisque vous Maliens vous avez les mêmes problèmes et les mêmes soucis. Laissez-moi ici affirmer haut et fort mon entière confiance dans le Mali et ma foi profonde en sa capacité à faire face dignement et courageusement à ces difficultés, qui sont et resteront toujours le lot des hommes et des peuples surtout quand ils s’attachent à réaliser les œuvres les plus grandes» , a-t-il souligné.

Le président Marzouki a alors réaffirmé le soutien total de la Tunisie à un Mali uni, souverain et en paix et a condamné avec force toutes les actions terroristes visant à saper sa stabilité, sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Il a aussi félicité le président Ibrahim Boubacar Keita et tous les acteurs politiques pour la consolidation du processus démocratique, la recherche incessante de la concorde civile, la mise en place de la commission vérité, justice et réconciliation. « Nous appuyons de toutes nos forces les efforts consentis pour amener les différentes composantes de la société malienne à trouver un consensus national assurant la paix, la stabilité et le développement ».

L’hôte du Mali s’est appesanti sur les maitres mots « dialogue et paix » en réitérant le soutien total de la Tunisie à la mise en œuvre du plan de relance durable du Mali initié par la communauté internationale à la conférence de Bruxelles le 15 mai 2013.

Pour le président Marzouki, la commission mixte tuniso-malienne tenue du 15 au 17 juillet 2010 a identifié un certain nombre de créneaux de coopération qu’il convient de renforcer et ce dans le domaine de la formation professionnelle, de l’infrastructure, de l’évacuation sanitaire, du transport aérien, de la création de sociétés mixtes, de l’environnement et de l’agronomie.

Il a ajouté être venu à Bamako avec une centaine d’hommes et de femmes d’affaires du secteur privé pour explorer avec leurs homologues maliens les possibilités d’affaires au service des deux peuples. « Nous poursuivons ainsi les relations entre nos deux pays qui remontent aux relations entre le Maghreb et le glorieux empire du Mali.

De part et d’autre du Sahara, les échanges en tout genre n’ont jamais cessé pour le meilleur et pour le pire. Nous sommes les continuateurs de cette tradition de contacts et d’échanges, avec tout ce que l’histoire charrie de force et de faiblesse, de grandeur et de petitesse , de bien et de mal» , a-t-il déclaré.

Il a appelé à maîtriser les menaces faites de préjugés et de malentendus qui planent sur les rapports entre Africains subsahariens et Africains maghrébins.

« Cette coopération fraternelle que nous sommes venus continuer, approfondir et diversifier est d’autant plus facile que nous avons en commun beaucoup plus de choses que nous ne croyons. Nous partageons l’honneur d’appartenir au continent qui est le berceau de l’humanité. Nous appartenons à un même espace géographique subissant les mêmes menaces climatiques. Nous partageons les mêmes défis sécuritaires puisque nous faisons face aux violences de groupes armés qui s’en prennent à nos valeurs, au système démocratique que nous avons librement choisi…» , a-t-il poursuivi.

Bruno Djito SEGBEDJI

23 Juin 2014