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Amadou Toumani Touré et son homologue burkinabè ont fait le constat d’une parfaite identité de vues sur des questions de préoccupation commune.Les relations bilatérales et les préoccupations sous-régionales, et régionales étaient au centre de la visite d’amitié et de travail que le président de la République, Amadou Toumani Touré vient d’effectuer au Burkina Faso. Le chef de l’État avait entamé sa visite jeudi pour l’achever vendredi. En plus donc de la coopération bilatérale, les deux chefs d’État ont abordé plusieurs sujets concernant la sous-région : l’insécurité dans l’espace sahélo-saharien, la situation en Côte d’Ivoire, les récentes élections au Togo etc…

jpg_att-burkinafaso.jpgPour cette visite, Amadou Toumani Touré était accompagné d’une forte délégation comprenant, notamment le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Kafougouna Koné et celui des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Badara Aliou Macalou. Jeudi, c’est aux environs de 17h que le président de la République avait été accueilli à l’aéroport international de Ouagadougou par son homologue burkinabè, Blaise Compaoré.

Après la cérémonie d’accueil, les chefs d’État eurent un premier entretien dans le salon d’honneur de l’aéroport. Ensuite, le président Blaise Compaoré accompagnera son hôte dans sa résidence où les deux hommes d’Etat auront un second entretien. Les échanges se prolongeront au cours d’un dîner offert par le président du Faso.

Un motif de satisfaction :

Dans la matinée du vendredi, les chefs d’État burkinabè et malien reprendront leurs entretiens au palais présidentiel du Faso. En même temps, les deux délégations étaient réunies dans un salon du palais. Il ressort du communiqué final conjoint publié à l’issue de la visite que celle-ci a été l’occasion pour les deux chefs d’État « d’examiner l’état de la coopération bilatérale et de procéder à des échanges de vues sur les problèmes sous-régionaux, régionaux et internationaux ».

Le texte lu par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alain Bédouma Yoda indique que les présidents Touré et Compaoré ont exprimé leur volonté commune de renforcer la coopération exemplaire et multiforme entre les deux pays.

A ce titre, les deux personnalités se sont félicitées de l’excellence des relations d’amitié, de fraternité et de coopération entre le Mali et le Burkina Faso. Cette dynamique s’est traduite par la tenue régulière des sessions de la Grande commission mixte de coopération.

A cela s’ajoutent les concertations sectorielles régulières. Dans cette logique, les deux pays ont réaffirmé leur volonté commune d’identifier et de réaliser des projets communs de développement économique et social. Blaise Compaoré et Amadou Toumani Touré ont un motif particulier de satisfaction : l’achèvement du bornage, sans intervention extérieure, de la frontière commune longue de 1 303 km.

La fin de ces travaux intervenue le 29 janvier dernier marque l’aboutissement des efforts consentis par les deux pays depuis près deux décennies. Sur les plans sous-régional, régional et international, les deux présidents ont fait part de leur convergence de vues sur les questions relatives au développement, ainsi que celles liées à la paix et à la sécurité en Afrique et dans le reste du monde. Toujours selon le texte, le président Touré a présenté à son homologue burkinabé la situation sécuritaire dans la bande sahélo-saharienne en général, et au nord de notre pays en particulier.

Là aussi, la préoccupation est commune face à la recrudescence de l’insécurité dans la zone sahélo-saharienne. Les deux chefs d’État ont donc appelé au renforcement de la coordination et de la coopération régionale contre l’insécurité rampante. La lutte contre le terrorisme et les autres crimes transfrontaliers sera menée notamment dans le domaine de la coopération judiciaire et en matière d’échanges d’informations.

A ce propos, Blaise Compaoré a réaffirmé son soutien à l’initiative du président Touré d’organiser dans notre capitale une conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays de l’espace concerné sur la paix, la sécurité et le développement.

Une telle rencontre sera l’occasion d’adopter de mesures susceptibles d’assurer la sécurité collective et le développement socio-économique commun. De son côté, Amadou Toumani Touré a rendu hommage à son homologue burkinabé pour ses efforts « soutenus et fructueux » de médiation dans les crises qui secouent la sous-région, au Togo, en Côte d’Ivoire et en Guinée.

Les deux présidents se sont réjouis du bon déroulement de l’élection présidentielle au Togo et souhaité une transition apaisée en Guinée. Ils ont par ailleurs appelé toutes les parties prenantes de la crise ivoirienne à respecter les « pertinentes dispositions » de l’accord politique de Ouagadougou et de ses accords complémentaires en vue d’aboutir à la tenue d’une élection présidentielle libre, transparente et apaisée dans les meilleurs délais.

Confiance renouvelle :

Le président Blaise Compaoré a au nom du peuple burkinabè, réitéré sa compassion et sa solidarité à notre pays suite à la bousculade qui s’est produite aux alentours de la mosquée de Djinguerey-Ber à Tombouctou à l’occasion de la fête du Maouloud, le 25 février dernier. Après la lecture du communiqué final, Amadou Toumani Touré et Blaise Compaoré ont répondu aux questions des journalistes.

Celles-ci étaient relatives essentiellement à la menace terroriste dans la bande sahélo-saharienne et au sort des otages occidentaux toujours détenus dans cette zone. Le président Touré a une nouvelle fois expliqué la complexité de la situation dans cet espace qui couvre plus de 8 millions de km2.

Et il se trouve que notre pays est situé dans la position centrale de cette zone difficile à contrôler, car peu peuplée à cause des conditions climatiques hostiles. Sur le sujet, le chef de l’État a une nouvelle fois appelé à l’organisation d’une conférence des chefs d’État des pays de la zone sur la paix, la sécurité et le développement.

Il s’est réjoui à ce propos de la conférence d’Alger sur la lutte contre le terrorisme transfrontalier à laquelle ont participé les ministres des Affaires étrangères des pays concernés, la semaine dernière. « Le plus important à retenir de cette conférence d’Alger est que la confiance a été renouvelée au Mali d’abriter la rencontre des chefs d’État des pays de la bande sahélo-saharienne sur la paix, la sécurité et le développement », a-t-il déclaré.

Le président burkinabè, Blaise Compaoré, a pour sa part assuré que son pays et le Mali continuent de travailler solidairement afin de permettre aux deux otages espagnols et à l’Italien de retrouver la liberté.

Madiba Keita

L’Essor du 22 Mars 2010.