Partager

Ticadpresident1.jpg

Dans une intervention au premier jour de la conférence, le président de la République, Amadou Toumani Touré a jugé le rendez-vous de Yokohama d’autant plus important qu’il est placé sous le signe de la mise en oeuvre des Objectifs du millénaire pour le développement de l’Afrique, singulièrement la réalisation du développement humain.

« La Ticad est un lieu idéal pour aborder ce sujet d’envergure, car toute la coopération du Japon est centrée sur l’homme, à travers l’investissement dans la santé, l’éducation, la santé, la sécurité alimentaire« , a constaté le président Touré. Les thèmes proposés lors de cette réunion, a-t-il ajouté, concourent tous aux Objectifs du millénaire pour le développement.

Après avoir souligné que l’accélération de la croissance économique est le plus sûr moyen de faire reculer la pauvreté, Amadou Toumani Touré a jugé indéniables les progrès économiques en Afrique.

L’Afrique reste d’ailleurs, en dehors de l’Asie, le continent qui affiche, ces dernières années, des taux de croissance parmi les plus élevés. Ces performances sont encore insuffisantes pour combattre durablement et significativement la pauvreté, a cependant reconnu le président Touré.

Le choix pour l’Afrique est donc de consacrer davantage de ressources propres aux secteurs productifs et mobiliser fortement ses partenaires -publics et privés- à investir, eux aussi dans les programmes porteurs de croissance et de développement.

« Cette politique, chaque pays doit la fonder sur la valorisation de ses atouts dans les domaines présentant des avantages comparatifs réels.

Dans ce sens, le Mali a pris le pari de faire de l’agriculture, le moteur de son développement dans le but non seulement d’assurer l’autosuffisance alimentaire, mais aussi de faire émerger une véritable industrie de transformation créatrice de richesse, de valeur ajoutée et d’emplois« , a précisé le chef de l’État.

Cette politique volontariste au plan agricole se double d’un vigoureux programme de réalisation d’infrastructures dont la qualité détermine le succès de toutes les initiatives en matière de développement.

En prenant l’initiative de la première Ticad en 1993, le Japon, a rappelé le chef de l’État, avait l’ambition à la fois d’accroître son soutien au développement de l’Afrique et de contribuer à la consolidation des jeunes démocraties qui venaient de voir le jour sur le continent.

Quinze ans après, la démocratie ne s’est pas essoufflée en Afrique. Bien au contraire, ses progrès sont indéniables au regard des nombreuses alternances réussies, de la vitalité de la liberté de la presse et d’expression, du respect des droits de l’homme.

« Cependant, force est de reconnaître que les difficultés économiques sévères que connaît l’Afrique constituent une menace sur les processus démocratiques. La flambée du prix du pétrole, a provoqué une spirale inflationniste sur les coûts des produits et services.

La crise alimentaire qui n’épargne même pas l’Asie est venue accroître notre vulnérabilité« , a analysé le président de la République, en prévenant que la démocratie court le risque de perdre son sens lorsqu’elle ne garantit plus aux citoyens les conditions d’une sécurité humaine minimale.

« La solution aux difficultés qui vont malheureusement s’inscrire dans la durée, réside dans une combinaison des efforts. Et un engagement plus visible et plus lisible de nos États dans leur propre développement et un accompagnement conséquent de nos partenaires dans la mise en oeuvre des politiques de lutte contre la pauvreté, par la croissance économique« , a analysé le président Touré.

La veille de l’ouverture du sommet, le Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, avait rencontré Amadou Toumani Touré. Les deux hommes d’État ont parlé des relations bilatérales et internationales.

A ce propos, le chef du gouvernement japonais a rendu hommage au président pour les efforts qu’il déploie depuis six ans en matière de démocratie et de stabilité. C’est cette stabilité qui justifie la décision de Tokyo d’ouvrir une ambassade à Bamako.

Abordant le volet coopération, les deux hommes ont évoqué des projets tels la construction de six ponts sur la route Kita-Saraya sur le corridor sud dit Bamako-Dakar.

Yasuo Fukuda a annoncé au président Touré avant même l’ouverture de la Ticad, les deux décisions phares qu’il a par la suite dévoilées lors de la cérémonie d’ouverture : le doublement de l’aide publique au développement du Japon ainsi que celui du volume des investissements japonais en Afrique d’ici à l’horizon 2012.

Il a dit compter sur le soutien du Mali en ce qui concerne l’instrument qui va remplacer le Protocole de Kyoto sur les changements climatiques. Les Japonais souhaitent que quel que soit son contenu, cet instrument soit considéré comme Kyoto II, en référence au premier protocole.

En réponse, le chef de l’État a indiqué notre pays partage la position du Japon sur de nombreuses questions comme la reforme des Nations unies et les changements climatiques. Il a estimé que pour être convenablement exécutée, la Déclaration de Yokohama devait contenir les instruments de sa mise en oeuvre. Ce qui est heureusement prévu dans l’avant-projet de texte.

Le chef de l’État rappellera ensuite que depuis 1964, le Japon contribue au développement de l’Afrique en appuyant des secteurs vitaux comme l’éducation, l’eau, la santé, la vaccination, la lutte contre les maladies. De fait, cet accompagnement prend en compte toutes les préoccupations maliennes.


Envoyé spécial

S. TOGOLA

30 Mai 2008