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Le président tunisien Moncef Marzouki a déclaré jeudi son « opposition de principe » à l’extradition de l’ancien Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, incarcéré en Tunisie et réclamé par Tripoli, malgré un « accord de principe » conclu entre les gouvernements des deux pays. « Je ne peux pas signer l’extradition de quelqu’un qui risque d’être torturé ou exécuté », a déclaré M. Marzouki dans un entretien à la télévision privée Hannibal TV. « J’ai dit plusieurs fois à nos frères libyens qu’ils ont le droit de réclamer M. Al-Mahmoudi, comme nous avons le droit de réclamer l’extradition de Ben Ali (le président déchu tunisien réfugié en Arabie Saoudite, ndlr). Mais franchement, si Mahmoudi doit être extradé je préfère qu’il soit livré à un gouvernement élu par le peuple libyen », a-t-il ajouté. Les Libyens doivent élire en juin une Assemblée constituante. La semaine dernière, le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a affirmé que Tripoli avait donné « des garanties écrites et verbales » sur le respect des droits et de l’intégrité physique de l’ex Premier ministre libyen, et un comité de personnalités tunisiennes s’est rendu en Libye et doit rendre un rapport sur ces garanties. Ce rapport « ne changera rien à ma position de principe », a cependant déclaré M. Marzouki. AFP