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PARIS (AFP) – (AFP) – Le président intérimaire du Mali, Dioncounda Traoré, prévoit de regagner vendredi Bamako après deux mois passés à Paris pour se faire soigner d’une attaque perpétrée par des manifestants hostiles, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques.

jpg_une-938.jpg« Il a laissé entendre qu’il souhaitait regagner Bamako demain » vendredi, a indiqué une de ces sources, en assurant qu’il ne prévoyait pas ce retour sous la pression internationale, mais qu’il entendait « assurer ses responsabilités ».

M. Traoré, attaqué et grièvement blessé le 21 mai dans ses bureaux près de Bamako par une foule de manifestants hostiles, a été soigné depuis à Paris.

Plusieurs pays africains avaient récemment sommé les autorités intérimaires maliennes de constituer un « gouvernement d’union nationale », faute de quoi le Mali serait suspendu des instances régionales.

Ils avaient aussi « exhorté » le président Traoré à demander « sans délai » à la Cédéao et l’ONU l’envoi d’une force africaine au Mali.

Début juillet, l’absence de Dioncounda Traoré, comme celle de son Premier ministre, d’un sommet ouest-africain à Ouagadougou sur la crise au Mali avait été vivement critiquée.

Au Mali, les autorités de transition avaient été mises en place en avril, moins d’un mois après un coup d’Etat qui avait renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré et précipité la chute du nord du pays aux mains de groupes armés islamistes proches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Les putschistes ont remis le pouvoir après un accord signé le 6 avril avec la Cédéao, qui prévoyait la formation d’un gouvernement de large union. Dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo, les ex-putschistes restent influents à Bamako.

© AFP – le 26/07/12 – 12:31


Laurent Fabius en tournée africaine centrée sur le Mali

PARIS (AFP) – (AFP) – Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius était attendu jeudi soir à Niamey, première étape d’une tournée africaine centrée sur le Mali qui le mènera aussi vendredi et samedi au Burkina Faso, au Sénégal et au Tchad.

La consolidation d’un pouvoir politique au Mali, dont le nord est occupé depuis plusieurs mois par des groupes armés proches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), sera au coeur de ses entretiens, selon des sources diplomatiques.

« L’urgence aujourd’hui c’est stabiliser les institutions, stabiliser Bamako » alors qu' »on est dans un processus très fragile », souligne un diplomate sous couvert d’anonymat.

« On commence par regarder vers le sud, après on regardera vers le nord », renchérit un autre diplomate, en allusion à un éventuel recours à la force contre ces groupes qui compteraient, selon Paris, non pas « des effectifs considérables », mais « quelques centaines » d’hommes.

Depuis mars, le nord du Mali est sous la coupe de groupes armés islamistes proches d’Aqmi et la France milite pour que les Touareg, un temps alliés des islamistes, participent à un dialogue national avec les autorités intérimaires maliennes. « Il faut les attirer dans la négociation », dit-on dans la capitale française.

L’annonce d’un retour vendredi à Bamako du président intérimaire du Mali, Dioncounda Traoré, après deux mois d’absence passés à Paris à se faire soigner d’une attaque perpétrée par des manifestants hostiles, devrait contribuer à clarifier les responsabilités.

Dans la capitale malienne, la démission du Premier ministre, accusé « d’incompétence et d’amateurisme », est demandée par les grands partis politiques.

Des pays exposés à la crise au Sahel

Dioncounda Traoré « a laissé entendre qu’il souhaitait regagner Bamako demain » vendredi pour « y assumer ses responsabilités », a indiqué un diplomate, en assurant qu’il ne s’agit pas d’un retour sous la pression internationale. « S’il indique qu’il souhaite regagner Bamako, c’est qu’il se sent prêt à le faire », ajoute cette source, ajoutant qu’il n’a pas demandé à la France d’y assurer sa sécurité.

M. Traoré, attaqué et grièvement blessé le 21 mai dans ses bureaux près de Bamako par une foule de manifestants hostiles, a été soigné à Paris avant de prendre résidence dans un grand hôtel.

Plusieurs Etats africains avaient récemment sommé les autorités intérimaires maliennes de constituer un « gouvernement d’union nationale », faute de quoi le Mali serait suspendu des instances régionales. Ils avaient aussi « exhorté » le président Traoré à demander « sans délai » à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’ONU l’envoi d’une force africaine au Mali.

Les pays dans lesquels Laurent Fabius se rend « sont des pays exposés, qui se sentent vulnérables » à la crise au Sahel, a indiqué un diplomate.

A Niamey, le ministre rencontrera le président, le Premier ministre et son homologue des Affaires étrangères nigériens. Mardi, devant des députés, il avait expliqué vouloir « une coopération accrue avec (le Niger) qui est à la fois très très pauvre et, en même temps, dont les dirigeants que nous avons reçus à Paris sont apparus vraiment des gens dignes de confiance ».

« Nous ferons tout ce que nous pourrons pour les aider », avait insisté le ministre.

Il enchaînera vendredi matin avec le Burkina Faso où il verra le chef d’Etat Blaise Compaoré et continuera son périple par Dakar. Une attention est prévue à l’égard de la société civile, avec un entretien avec des représentants du collectif « Y’en a marre », en marge de rencontres officielles, notamment avec le président sénégalais Macky Sall.

Samedi soir, le chef de la diplomatie française conclura sa tournée par une brève escale au Tchad pour voir son président Idriss Deby. « Le Tchad a fait part de sa disponibilité pour concourir à une solution de la crise au Mali », a-t-on expliqué de source diplomatique, en relevant que ce pays dispose d’une certaine « capacité militaire ».

© AFP – le 26/07/12 – 13:27