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Qui doit diriger le Mali? Je ne sais pas vraiment. Ce qui est sûr, puisqu’il est seul à gouverner le pays, le Général Touré est un homme fort. L’idée pourrait faire rire d’aucuns. Mais voici pourquoi je pense ainsi. Le chef de l’Etat décide de tout, quelquefois au détriment du principe de la séparation des pouvoirs. Par conséquent, si ça devait péter demain, le Premier ministre ne s’inquièterait pas. Même s’il est responsable devant l’Hémicycle, Modibo Sidibé prêche pour un programme qui engage seulement le président, Lettre de cadrage obligeant.

Que dit donc la Constitution au sujet du rôle du Premier ministre ? En réalité, elle lui assigne une autre tâche : celle de pouvoir dire le contraire de ce à quoi pense le président de la République. Ainsi, le Premier ministre est le responsable de la politique de développement devant le peuple.

C’est bien sûr ce que fait Modibo Sidibé. Le problème, c’est que le choix de cet homme sans couleur politique est une couverture. Ç’aurait été un représentant de la majorité parlementaire, aurait-on déjà entendu un autre son de cloche ? Possible.

Par ailleurs, ce qui fait davantage du président de la République un homme fort est que l’Assemblée n’a pas de prise sur l’exécutif. Tant pis! Le PDES aura beau être désastreux, Dieu sait qui oserait songer à une motion de censure. De peur des représailles? Je ne le pense pas. Mais pour d’autres il n’y pas de doute.

Hier tout près, j’écoutais avec grand intérêt le discours d’un jeune juriste malien. Son diagnostic inquiète : même les députés craignent de s’affranchir de « selon la vision du chef de l’Etat ». Et la justice aussi lui doit obéissance.

Comment alors réduire le pouvoir du président de la République ? Notre juriste recommande de changer la Constitution. Seulement, un précédent président a dû abandonner l’idée sans avoir le temps de s’expliquer.

Soumaila T. Diarra

22 novembre 2007.