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Après les contestations post-électorales, place maintenant à la lutte pour «sauvegarder» les valeurs traditionnelles religieuses. Tel semble être, de nos jours, le sens du combat de l’ancien Premier ministre, ex-président de l’Assemblée nationale, le député, El Hadji Ibrahim Boubacar Kéïta, figure emblématique de l’opposition malienne.

Le président du Rassemblement Pour le Mali (RPM) El Hadji Ibrahim Boubacar Kéïta et son colistier Abdrahamane Sylla, ont procédé, la semaine dernière, à une campagne de restitution des travaux menés par l’Assemblée nationale où ils siègent en tant que députés de la commune IV du district de Bamako.

Dans les différents quartiers de cette commune, les honorables Kéïta et Sylla ont passé au crible tous les décrets, projets de lois qui ont fait l’objet de saisine par l’auguste Assemblée nationale. Qu’elles soient adoptées ou pas et/ou renvoyées à la prochaine session.

Durant cet exercice hautement démocratique, c’est le décret portant l’abolition de la peine de mort et l’excision dont l’examen est renvoyé à la prochaine session, qui ont, surtout, marqué l’attention de l’assistance. Celle-ci, dans la quasi-totalité des quartiers sillonnés, ont dénoncé la volonté du gouvernement et singulièrement celle du président de la République, le Général Amadou Toumani Touré, de faire adopter le décret portant l’abolition de la peine de mort et l’interdiction de l’excision au Mali.

A ce sujet, l’honorable député Ibrahim Boubacar Kéïta, qui n’assume plus aucune responsabilité de premier plan à part la présidence du RPM, a soutenu avoir été consulté par le chef de l’Etat. «Sur la question de l’abolition de la peine de mort, le président Amadou Toumani Touré m’a honoré en me consultant. Je lui ai dit ce que je pense de cette question» a-t-il confié. Même si le notable de Sébénikoro n’a pas fait de révélation sur le contenu de son message qu’il a livré au chef de l’Etat sa position sur l’abolition de la peine de mort est, à n’en pas douter, un secret de polichinelle.

En effet, l’homme n’a jamais fait mystère de sa foi de musulman convaincu. Toute chose qui lui a valu l’estime et la considération des associations islamiques du pays. Dans son fief électoral à Sébénikoro, le jeudi 6 mars, l’honorable député El Hadji Ibrahim Boubacar Kéïta était à l’aise comme poisson dans l’eau. L’échange direct qu’il a eu lieu avec les populations de ce quartier a été sanctionné par une résolution qui ne lui déplait pas du tout.

A savoir «non à l’abolition de la peine et à l’interdiction de l’excision». C’était le même scénario presque dans tous les quartiers de la commune IV du district de Bamako. Ainsi, IBK et son colistier Abdrahamane Sylla ont été chargés par les populations de la commune IV du district de Bamako d’apporter ladite résolution à l’Assemblée nationale et de la défendre.

Ainsi, ces revendications de la population de la commune IV du district, à savoir le maintien de la peine de mort et de la pratique de l’excision, apparaissent comme deux nouveaux chevaux de bataille pour IBK, une des figures emblématiques de l’opposition malienne.

Alassane DIARRA

10 Mars 2008.