Partager

Le président du comité de suivi des accords d’Alger, le Contrôleur général de police, Mahamadou Diagouraga, après avoir constaté le samedi 28 octobre, à Kidal, l’impossibilité de désarmer la soit disant «Alliance du 23 mai pour la démocratie et le changement», présidée par Iyad Ag Ghali s’est prononcé sur le processus de paix, le lendemain, sur une radio locale de la place.

Selon des témoignages qui nous sont parvenus, l’ancien directeur général de la police malienne a affirmé sur les ondes que le désarmement aura bel et bien lieu et les gens ne doivent pas se faire d’illusion sur la question. Il a ensuite soutenu que : «Le cantonnement ne donnera pas lieu à une intégration ou à un recrutement spécial dans les différents corps de l’armée et de la fonction publique».

Cependant, Mahamadou Diagouraga s’est empressé d’ajouter que «le seul avantage prévu pour les combattants consiste à mettre à leur disposition un fonds de réinsertion permettant de financer des micro projets».

Là également, Diagouraga a eu l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que la cagnotte prévue à cette fin est, pour le moment, vide. «Le Mali va commencer à alimenter le fonds avec ses maigres ressources avant de se tourner vers les partenaires au développement très réticents pour les besoins de la cause puisque nous leur avions dit qu’il n’y aurait plus jamais ça et que toutes les armes sont reprises et brûlées à Tombouctou, au cours d’une cérémonie dite flamme de la paix.
Nos engagements n’ont pas été respectés à cause des évènements du 23 mai 2006. Vous comprendrez alors qu’il sera difficile de convaincre les bailleurs de fonds. Mais, nous allons nous y employer pour tenter de mobiliser les ressources nécessaires
», a déclaré le président du comité de suivi des «accords» d’Alger.

Ces propos empreints de sincérité ont mécontenté les rebelles de Téghargharet dont les trois représentants au sein du comité de suivi ont quitté Kidal, lundi 30 octobre, à destination des collines pour rendre compte à leurs mandants.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Iyad et ses hommes sont profondément déçus. En organisant leur coup du 23 mai, ils avaient cru que, comme dans les années 90, un pont d’or se déroulerait sous leurs pieds.

Les milliards de FCFA allaient tomber, généreusement fournis par l’Union européenne, les Etats-Unis d’Amérique, le Canada, le Japon. Mais les temps ont changé, le Mali lui-même est passé d’une dictature à une démocratie et les bailleurs le savent et ne sont plus disposés à prendre l’argent de leurs contribuables pour l’offrir à des gens dont les méthodes relèvent du gangstérisme à l’état pur.

Aux Etats-Unis, on sait comment les gangsters sont traités par la loi. Il n’y a pas de raison que cela change au Mali. Manifestement, les propos de Diagouraga sont une claire indication que le gouvernement malien est en train de prendre du recul par rapport à ces accords d’Alger qu’il n’a pas les moyens de mettre en oeuvre.

Du coup, il rejoint progressivement la position de L’Indépendant qui a toujours soutenu que ces accords sont non seulement inopportuns et inopérants, mais violent en sus la loi fondamentale du pays en ses dispositions relatives à la souveraineté nationale, l’unité nationale et la cohésion sociale.

Chahana Takiou

02 novembre 2006.