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Le président du CNPM, Mamadou Sidibé hier face au ministre de l’Industrie, des mines et du commerce : «La crise que les entreprises traversent aujourd’hui est plus grave que celle de mars 1991»

Dans le cadre de ses prises de contact avec les organisations professionnelles, le ministre de l’Industrie, des mines et du commerce, Me Ahmadou Touré a rencontré hier, jeudi 17 mai, le bureau du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) au siège de cette institution. Au cours des échanges, le président du patronat, Mamadou Sidibé, a lancé un cri de cœur pour les entreprises maliennes qui traversent une crise aigue. Les deux parties ont exprimé leur volonté de travailler ensemble et surtout d’approfondir les échanges à travers la mise en place d’une Commission de travail pour la relance rapide de l’activité économique.

Aujourd’hui le secteur privé est à genou. La crise politique sera derrière nous bientôt, mais la crise économique, elle sera devant nous. Si rien n’est fait, le Mali, dans les cinq prochaines années aura du mal à faire la croissance. M. le ministre, je sais que le secteur privé peut compter sur vous pour prendre des mesures appropriées pourquoi pas un plan Marshall pour faire la relance de l’économie. La crise est déjà aigue, les partenaires techniques et financiers ont tourné le dos. Beaucoup d’entreprises sont aux arrêts, les banques sont saccagées au nord, donc fragiles dans leur existence.

Le chômage est déjà palpable « . C’est par ces mots que le président du CNPM, entouré des membres de son bureau dont Moussa Alassane Diallo, président de l’APEF et PDG de la BNDA et Amadou Djigué, a introduit son intervention devant le ministre Ahmadou Touré. Qui pour cette première sortie hors du département était accompagné de plusieurs de ses proches collaborateurs.

Face à la situation économique chaotique dont les conséquences sont perceptibles dans tous les domaines de l’activité économique, le président Mamadou Sidibé dira que le patronat est prêt à être aux cotés, du ministre en vue de réfléchir à des décisions courageuses pour la relance du secteur privé. Selon lui » après les évènements de mars 1991, le gouvernement a pris des mesures d’urgence comme les subventions et les indemnisations, or la crise que les entreprises traversent aujourd’hui est plus grave que celle de 1991. Nous avons déjà identifié les difficultés et formulé les propositions de sortie de crise. C’est notre rôle de réfléchir pour aider le gouvernement à agir ». Le patron des patrons maliens qui connait depuis plus de 25 ans déjà le ministre Ahmadou Touré, en tant que notaire et ayant travaillé avec lui, ne doute point que celui-ci sera à l’écoute du secteur privé et de le soutenir pour le sortir du marasme économique.

Pour sa part, le nouveau ministre de l’Industrie, des mines et du commerce a expliqué que s’il est venu au CNPM, c’est parce qu’il est davantage convaincu que le secteur privé n’a d’autre choix que d’être la locomotive de notre croissance. Dans la mesure où l’Etat s’est complètement désengager de la production, le secteur privé doit être le moteur de la croissance. Pour cela, il faut soutenir et accompagner ce secteur afin de satisfaire le marché local, mais aussi le marché sous-régional, vu la position centrale de notre pays.

Pour mieux exploiter le travail déjà effectué par le patronat en termes d’identification des difficultés et de formulation des solutions, le ministre a décidé de mettre en place une commission de travail constituée des membres de son cabinet et du patronat. Cette commission doit rapidement se réunir et proposer un plan de sortie de crise pour les entreprises, ce qui, dira le ministre, est pour le recouvrement des impôts et les opérations de collectes au niveau de la douane.

Le ministre pense qu’il est aussi indispensable de rétablir le climat des affaires sérieusement perturbé par les récents évènements. « Le Mali a fait le choix d’une économie libérale et malgré les difficultés il doit rester dans cette logique. Nous allons veiller à ce que le secteur privé puisse bénéficier d’un traitement égal et équitable.

Les ministres et leurs administrations doivent être équidistants des administrés. Il est de la responsabilité du gouvernement de vous accompagner pour le bien être du peuple, mais vous devez aussi vous y mettre pour la relance de la production mais aussi la recherche de l’investissement étranger car le secteur privé est plus crédible sur le marché financier que l’Etat » a ajouté le ministre.

Youssouf CAMARA

18 Mai 2012