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Lors des Assises nationales de la jeunesse qui se sont déroulées au CICB en présence du président de la république, Amadou Toumani Touré, et d’un parterre de responsables de haut niveau, tous les participants avaient été pris de court par le ton du président du Conseil national des jeunes du Mali (CNJ-Mali), M. Siriman Traoré, qui dressait un véritable réquisitoire contre la Presse.

Au lieu de s’occuper des énormes problèmes des jeunes qui l’ont élu, ou d’évaluer le bilan de ses années passées à la tête du Conseil national des jeunes, M. Siriman Traoré n’a guère trouvé mieux que de s’en prendre aux journalistes, incommodant ainsi toute l’assistance, à commencer par le Président de la République. Mais que veut et que cherche réellement M. Siriman Traoré ?

L’on se rappelle que lors du renouvellement du Conseil National de la jeunesse à Gao, tous les statuts et règlements avaient été violés pour que ce sortant de l’INA puisse être reconduit à la tête du Conseil, alors qu’il avait largement dépassé l’âge pour aspirer à cette fonction. A l’époque, la Presse avait décrié le fait, mais sans succès.

Il semble que depuis lors, M. Siriman Traoré attendait une occasion pour “crier haro” sur cette “baudette“ de Presse : les Assises nationales de la jeunesse s’étaient donc présentées à lui comme une aubaine à saisir pour signifier aux hommes et femmes de média qu’ils ne peuvent pas l’empêcher d’être élu président du CNJ. Mais s’il possède réellement les compétences et capacités intellectuelles requises pour diriger cette instance des jeunes, pourquoi M. Siriman Traoré serait-il si mal illustré au point de vilipender la Presse ?

Mais son comportement ne peut être une surprise. Celui qui, après son DEF, son orientation à l’INA, son passage à l’AEEM et sa brève fonction d’opérateur économique, pense peut-être que tous les hommes et femmes de médias sont médiocres. Parmi ces gens de la presse figurent pourtant des bacheliers, des diplômés d’études supérieures, des détenteurs de maîtrise, de licence, de doctorat…

C’est peut-être parce que dans le temps, certains médias l’avaient quelque peu décrié que Siriman Traoré n’a plus jamais voulu pardonner à la Presse? Quel qu’il en soit, ce qui est certain, c’est que cette Presse n’est là que pour sensibiliser, former et informer. Et M. Traoré ne peut certainement pas l’ignorer, en dépit de l’aversion qu’il nourrit contre la Presse…

Lors de ces Assises, certains participants n’ont pas manqué de remarquer que le président des jeunes, après son allocution, a quelque peu failli à la règle du protocole, en voulant serrer la main du ministre de la Jeunesse et des sports, M. Hamane Niang, avant celle du Chef de l’Etat.

Aux dires de certains jeunes présents, M. Traoré n’a plus assez d’esprit d’initiative pour présenter un bilan satisfaisant à ses mandataires venus nombreux au CICB.

En tout cas, il semblait que bien des officiels présents l’ont également compris, à commencer par ATT qui a adroitement fait savoir qu’on ne peut rien obtenir sans avoir cherché. C’est dire, à l’attention du président du CNJ, que c’est à travers ses actions et initiatives que les jeunes du Mali le jugeront. La Presse aussi.

Sadou BOCOUM

09 Juillet 2009.